Austin Rivers : « Quand j’étais jeune et que je voyais un jeune coaché par son père je me disais qu’il était nul »
Blessé au talon depuis plusieurs semaines, Austin Rivers assiste depuis le banc aux belles performances de son équipe. Mais, malgré son absence des terrains, il a encore trouvé le moyen de se faire remarquer. Pendant le match opposant les Clippers aux Rockets la semaine dernière, le meneur n’aurait pas arrêté de trash talker Trevor Ariza. Et c’est à cause de ce comportement que quatre joueurs d’Houston auraient fait irruption dans le vestiaire de leurs adversaires du soir. Une version que conteste Rivers, qui profite de l’occasion pour envoyer tout ce qu’il avait sur le cœur, et notamment à propos de son coach de père.
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« Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent sur mon père et moi. J’ai compris le problème, j’ai réussi a mettre mon ego de côté pour comprendre pourquoi on n’aimait pas cette situation. Quand j’étais petit et que je voyais un joueur sur le terrain avec son père qui le coachait je me disais qu’il était nul et seulement là parce que son père était coach. Donc je vois le problème. On dit que mon père m’a donné une chance. Est-ce que c’est vrai ? Je ne sais pas, peut-être. Mais peut-être qu’il l’a fait parce qu’il savait le niveau que je pouvais atteindre. Quand j’ai été envoyé aux Clippers en 2015, il m’a dit que si ça ne marchait pas on ne continuerait pas au-delà de la saison et que j’allais pouvoir aller où je voulais. Le problème avec moi, c’est que je viens d’une famille aisée et que j’ai beaucoup de confiance en moi. Mais si ça n’avait pas été le cas, pour la confiance au moins, je n’aurais pas été capable de faire abstraction de toute la négativité qu’on m’envoyait et je serais complètement brisé, en train de pleurer depuis des années parce qu’on se comporte comme ça avec moi depuis le lycée. J’ai réussi à transformer tout ça en carburant et maintenant ça m’aide. Chaque fois que je joue à l’extérieur, c’est dur à cause de toutes les conneries que j’entends. Cette petite voix dans ma tête, cette confiance, elle m’aide. Sans elle je ne serais pas en NBA. Regardez mes stats depuis que je suis arrivé ici. Chaque année, je deviens meilleur et ce malgré tout ce qu’on me dit. Je n’ai jamais répondu, je n’ai jamais expliqué en public que j’étais comme ci ou comme ça. Mais je suis un être humain. Je comprends que les médias veulent du contenu et de l’audience. Je suis une cible facile. Dès que j’allume la télé et que l’on parle des Clippers, mon nom arrive. Mais mecs, jugez-moi sur mon niveau après m’avoir vu jouer au moins, ou sur mon caractère quand tu me connais. » Austin Rivers.
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Que l’on apprécie le joueur ou pas, il faut reconnaître qu’il a montré de belles choses lors de son parcours en NCAA. Et au moins, il est honnête à propos de son niveau.
« Je me suis senti blessé cette semaine quand, avec ce qu’il s’est passé (l’altercation avec les Rockets ndlr), on a commencé à critiquer mon caractère. Jugez-moi autant que vous le voulez sur mon niveau. Certains pensent que je suis bon, d’autres non. Et c’est très bien comme ça. Les chiffres ne mentent pas. Je sais ce que je fais et ce que fait cette équipe. J’étais le meilleur au lycée, un lottery player à Duke, joueur de l’année en ACC (Atlantique Coast Conference ndlr) en tant que freshamn… Les gens oublient ça, comme si je ne méritais pas d’être en NBA. On répète que je suis un bust mais ce n’est pas vrai, même si je ne suis pas aussi bon que devrait l’être un lottery pick. Je n’ai pas besoin d’excuses. C’est comme ça. Je ne me plains pas. Il y a des gens dehors qui ont de vrais problèmes. Donc ne vous sentez pas mal pour moi, je n’ai pas besoin de sympathie. Je joue mieux que je ne l’ai jamais fait. J’essaie de guérir pour aider l’équipe. Et nous jouons bien, on ne reçoit pas assez de crédit pour ça. Nous avons la moitié du roster à l’infirmerie et on continue de gagner des matchs. Je suis fier de ça. » Austin Rivers
Le meneur, qui affiche cette année ses meilleures moyennes en carrière avec 15,8 points, 2,1 rebonds et 3,6 passes ne retrouvera pas le chemin des parquets avant février.