Ben Gordon a vécu l’enfer : “Il y a un moment où je pensais à me suicider chaque jour”

Ben Gordon a vécu l’enfer : “Il y a un moment où je pensais à me suicider chaque jour”

À l’heure où les langues se délient petit à petit sur les maladies mentales comme cela a été le cas avec Kevin Love ou DeMar DeRozan par le passé, c’est aujourd’hui l’ancien shooteur des Bulls, Ben Gordon qui livre un témoignage bouleversant sur son après carrière. Dans une interview pour The Player Tribune, il déclare :

“Il y a un moment où je pensais à me suicider chaque jour pendant 6 semaines. J’étais sur le toit de mon immeuble à 4h du matin, au bord, en regardant d’avant en arrière, en pensant, ‘Je suis sur le point de le faire, je vais m’échapper de toute cette merde’. C’était juste après ma dernière saison dans la ligue, je vivais dans une maison à Harlem. J’avais perdu ma carrière, mon identité et ma famille presque au même moment. J’étais maniaco-dépressif. Je ne mangeais pas, je ne dormais pas. Et quand je dis que je ne dormais pas, c’était un niveau d’insomnie complètement différent. Chaque nuit je me réveillais à la même heure, comme un réveil. Et c’est la que les démons sortaient. Lorsque vous êtes debout la nuit et que tout est calme autour, vous êtes seuls avec vos pensées les plus profondes. C’est à ce moment-là que l’obscurité commence à prendre le dessus sur tout votre esprit. J’ai commencé à avoir des crises de panique tellement intense, qu’elles avaient un poids. Tu sais ce que ça me faisait ? C’était comme si une cape noire était jetée sur moi et cela m’étouffait. Mais pas seulement physiquement, cela étouffait mon âme. Tout ce que je pouvais faire pour me soulager était de m’asseoir par terre et hurler à pleins poumons. Comme un animal.” Ben Gordon

L’ancien Bull n’avait qu’une seule idée en tête, quitter cette vie.

“La seule chose à faire était de partir de ce purgatoire. J’étais obsédé par l’idée de me suicider. C’est tout ce que je recherchais, je ne pensais qu’à ça. Une nuit, mes crises de paniques étaient devenues si graves que je ne pensais qu’à m’échapper. J’ai pris l’une de ses cordes épaisses et je l’ai accroché autour de mon cou. J’ai pris une chaise, et je me suis pendu.” Ben Gordon

Le 6th man of the year 2005 admet s’être mis dans la peau d’un autre durant toute sa carrière.

“Toute ma carrière, j’étais un loup déguisé en mouton. Mais maintenant que je n’ai plus le basket, le loup est sorti. Maintenant, je ne me soucis plus de me couper les cheveux. Je me fous de me raser. Je ne me soucie plus que des pensées qui sont dans ma tête. La maladie mentale touche tout le monde. Chaque communauté, chaque personne. Vous, ou quelqu’un que vous aimez sera touché à un moment donné. Ce n’est pas comme si je m’étais réveillé un matin en étant ce gars discret, humble joueur NBA et le lendemain j’allais foutre le bordel dans le Hall du Waldorf Astoria. Ce fut une chose lente et progressive, qui est devenue incontrôlable parce que je ne savais pas comment obtenir de l’aide. J’ai toujours eu la graine de cette chose en moi. Mais je ne savais pas ce que j’étais en train de vivre. Je ne savais pas que ça portait un nom. Je ne savais pas qu’il y avait des personnes qui pouvaient m’aider. Je pensais juste être coincé dans ce purgatoire pour toujours. Je cherchais une échappatoire, et c’est comme ça que je me suis retrouvé dans un endroit si sombre que je pensais tous les jours à me suicider. Comme je l’ai dit, je ne pense pas que je voulais mourir, mais je ne pouvais plus supporter la douleur.” Ben Gordon

Ce qui a sauvé l’ancien n°3  de la draft 2004 ? Avoir été arrêté et envoyé en thérapie.

“La seule chose qui m’a sauvé, c’est d’avoir été arrêté, aussi bizarre que ça puisse paraître. J’ai été arrêté 4 fois en 5 mois. J’étais fou. Le juge m’a donc obligé à suivre une thérapie pendant 18 mois. Au début je pensais que ça n’avait aucun intérêt. Qu’est-ce qu’une vieille femme sait de tout ce que je traverse ? Mais j’ai dû m’asseoir et parler de mes merdes. Et vous savez quoi ? Ça m’a fait du bien. Ça s’est terminé que j’ai choisi de faire 6 mois de plus. Pas parce que je le devais. Mais juste parce que je me disais : ‘Tu sais quoi ? T’es en train de niquer ce truc’. Ça m’a aidé à régler certaines choses. Mais plus que tout, ça m’a aidé à accepter le fait que j’étais différent, du genre : ‘B, tu es différent. Et ça n’est pas grave. Tu n’as pas à être parfait. Ces habitudes que tu avais dans la ligue ? Tu n’as pas à les transposer dans la vraie vie’.” Ben Gordon

Ben Gordon a ensuite profité de cette interview pour adresser un message à toute la ligue, et aux joueurs qui souffriraient de troubles mentaux.

“Je sais que pour les athlètes ça peut avoir l’air d’être des conneries. Ça peut sembler soft. Nous sommes formatés pour penser comme ça. C’est comme si nous avions subi un lavage de cerveau. Mais la seule raison pour laquelle je raconte mon histoire c’est parce que je sais, je sais, qu’il y a des joueurs là-bas qui ont besoin d’aide. Et à ces joueurs ? Je voudrais juste dire, ne vous inquiétez pas. Pour de vrai, ne vous inquiétez même pas. Allez trouver de l’aide. Trouvez un thérapeute, asseyez-vous sur une chaise et parlez. Ne faites pas attention à ce que les gens disent. Ne faites pas attention à ce que vos gars diront, ou à ce que les gens diront sur les réseaux sociaux. Moi j’ai tout entendu, ‘Tu as entendu à propos de Ben Gordon ? Le gars est devenu fou’. Ouais, peut-être que je suis devenu fou. Mais je ne le serai pas pour toujours. J’espère que ça a pu aider quelqu’un. Si vous êtes emmerdé par ça, ne faites pas ce que j’ai fait, allez trouver de l’aide. Parce que vous n’êtes pas fou, vous n’êtes pas abîmés. Vous êtes juste humains comme nous tous.” Ben Gordon

 

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