Steve Kerr : “Tout ce que j’ai pu faire en NBA, c’est grâce à Michael Jordan”

Steve Kerr : “Tout ce que j’ai pu faire en NBA, c’est grâce à Michael Jordan”

Quand Michael Jordan a annoncé son retour à la compétition en 1995 après deux ans d’arrêt, de nombreux joueurs étaient ravis. Mais pour Steve Kerr, cette décision carrément a complètement changé sa carrière vu qu’elle lui a permis de jouer avec Jordan, de 1995 à 1998 et de remporter trois titres au passage.

“C’est presque impossible de décrire l’impact qu’il a eu sur la ligue. C’est plus facile pour moi de décrire l’impact qu’il a eu sur ma carrière. Si je n’avais jamais joué avec lui, honnêtement, je ne pense pas que les Spurs m’auraient offert un contrat (avec qui il a remporté deux titres supplémentaires ndlr). Je ne pense pas non plus que j’aurais décroché un contrat télé. Je pourrais dire que toutes ces choses étaient des dominos et que j’ai fini par coacher les Warriors grâce à ça. Tout ce que j’ai pu faire ou apprécier en NBA a été un résultat direct du fait que j’ai joué avec Jordan. Et je ne suis pas faussement modeste, c’est la réalité.” Steve Kerr.

Et pour le retour en lui-même, il a permis de remettre les Bulls dans le droit chemin. Même s’il était un peu rouillé pour son premier match (19 points à 7/28 aux tirs) et qu’il n’a pas pu emmener les siens jusqu’à la victoire (103 à 96 en prolongation contre les Pacers).

“De ce que je m’en souviens, on galérait un peu, on ne jouait pas si bien et Michael s’est pointé à l’entrainement pour la première fois en un an et demi. Il a juste fait quelques tirs un jour, ensuite il est revenu le lendemain et il était dans le bureau de Phil Jackson. On se demandait ce qu’il faisait. Il est revenu encore une fois le jour suivant, et on s’est alors dit que c’était différent, que ce n’était pas juste un gars qui revenait reprendre quelques tirs parce que le basket lui manquait. Quand il a décidé de revenir, on se doutait un peu que ça allait arriver. Mais quand c’est devenu réel, c’était un moment incroyable pour nous. On s’est rendu compte qu’on aurait la chance de jouer avec lui.” Steve Kerr.

Ces souvenirs sont manifestement de bons moments pour Kerr, puisqu’il a éclaté de rire à plusieurs reprises lors de cette interview. Notamment lorsqu’il a rapporté cette conversation avec un ancien ailier fort des Bulls Jud Buechler.

“Je crois qu’on avait déjà joué 65 matchs ou un truc du genre. On allait à l’aéroport pour aller au match contre les Pacers, pour la première rencontre de Jordan et j’ai demandé à Jud ce qu’allait faire Phil. “On a déjà joué 65 matchs, Michael n’était pas là pendant presque deux ans, tu penses qu’il va être titulaire ? Qu’il va sortir du banc ? Que va faire Phil ?” Jud m’a répondu : “Steve, Steve, Steve… Écoute. En général, quand tu as ta statue à l’extérieur de la salle, tu es titulaire.” Je vais me rappeler de cette phrase toute ma vie. Le timing était parfait et ça nous a fait rire. Le soir suivant à Indiana, c’était incroyable. Vraiment.” Steve Kerr.

Bon, évidemment, s’entrainer avec Jordan implique aussi de se faire rentrer dedans.

“Il était dur avec tout le monde, mais c’était sa philosophie. Si vous n’étiez pas assez dur pour gérer un entrainement avec Michael qui vous engueulait ou qui vous jouait en un contre un, alors il disait que vous ne pouviez pas gérer un match de playoffs. C’était sa philosophie et il testait tout le monde. J’ai passé le test, j’ai eu un œil au beurre noir à cause de ça (les deux hommes en sont venus aux mains ndlr), mais j’ai réussi le test.” Steve Kerr.

Kerr a côtoyé de nombreux autres grands joueurs : Tim Duncan et David Robinson aux Spurs, Steph Curry et Kevin Durant aux Warriors… Et pourtant, celui sur lequel on lui pose le plus de questions est encore et toujours celui qui est désormais propriétaire des Hornets. Et il comprend pourquoi.

“Les équipes dont il a fait partie étaient légendaires, et en faire parie, jouer avec lui, m’a donné à moi et à tout le monde dans l’effectif une chance de gagner un titre et de faire quelque chose de spécial. Ça a un effet sur notre vie, encore maintenant. Jud (720 matchs en NBA, pour 3,3 points et 1,8 rebond de moyenne, pour trois titres ndlr) et moi, on le dit tout le temps. Quand on le croise, on le remercie ou alors on va manger avec lui, on prend une bière, et on le remercie encore. On rigole parce qu’il est responsable de beaucoup de choses. Je le revois de temps en temps, peut-être une fois par an. Soit à des événements en rapport avec la NBA, soit à un tournoi de golf ou un truc du genre. C’est toujours cool de le voir. Et il sait exactement ce qu’on ressent pour lui, l’impact qu’il a eu sur nous. C’est fun de s’en rappeler maintenant, parce quand il n’y a plus besoin de se battre et qu’on peut se remémorer tout ça tranquillement, on peut s’attarder sur les bons souvenirs et voir l’impact que cette équipe a eu sur les joueurs qui la composaient, et sur tout le monde en NBA.” Steve Kerr.

Via ESPN.

1 Comment

  1. Tjs un régal de lire Kerr.

    Son autobiographie sera priceless !

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