Chauncey Billups sur son 1er match en NBA, face Michael Jordan : « Je le dévisageais, et j’ai entendu une voix grave : ‘Tu regardes quoi gamin ?' »
Lorsque Chauncey Billups est arrivé en NBA en 1997, il n’a pas mis longtemps à être mis dans le grand bain, puisqu’il a affronté dès son premier match un certain Michael Jordan. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça lui a fait de l’effet.
« À ce moment, on se dit : « Wow, il y avait quelques mois j’avais ce poster de Jordan dans ma chambre, et là mon premier match en NBA c’est contre lui… » Je suis à Boston, et on joue contre les Bulls à domicile. Comme tout le monde, j’étais en admiration. Je l’admirais en le regardant. En fait, un moment pendant des lancers francs… Vous savez, les arrières sont derrière la ligne à trois points quand il y a des lancers. Dennis Rodman était en train d’en tirer, et les arrières doivent empêcher les autres arrières de prendre le rebond, surtout quand le tireur n’est pas très bon. Il faut aider au rebond. Steve Kerr était à ma droite, et à quelques mètres de moi, il y avait Michael Jordan. De l’autre côté de lui, il y avait Ron Mercer, l’autre rookie de l’équipe. Je me suis penché en avant, j’ai posé mes mains sur mes genoux et je ne pouvais pas arrêter de le regarder. Un moment, j’ai regardé Ron, et lui aussi fixait Jordan. On était tous les deux en train de le dévisager. Et d’un coup, j’entends cette grosse voix grave qui dit : « Qu’est-ce que tu regardes gamin ? » Ron et moi on a détourné le regard, comme si on ne le regardait pas. Ensuite le match a repris. Ron est moi, on est allé se doucher après. On a gagné ce match, je ne sais pas comment, mais on a gagné. Les Bulls ont gagné 70 rencontres cette année, mais ils ont perdu le premier match contre nous. On faisait la fête comme si on venait de gagner le titre. On était tellement heureux… On était à la douche, juste moi et Ron parce que les rookies prenaient leur douche en dernier à cette époque. J’ai regardé Ron et je lui ai dit : « Tu sais que MJ te parlais à toi ? » » Chauncey Billups.
Au final, les Celtics se sont bien imposés de 7 points (92 à 85), mais Scottie Pippen était absent ce jour-là, et Jordan pas forcément dans un bon soir, avec certes 30 points mais à un piteux 7/23 aux tirs.
Pour son premier match de saison régulière face à His Airness, Gary Payton a lui pris le bouillon. Mais il n’a pas vraiment le droit de s’en plaindre, puisque c’est en grande partie sa faute, comme il le raconte.
« Je lui ai rentré dedans en présaison, et il n’a pas oublié. On l’a joué pour le premier match de la saison régulière. Il est entré sur le terrain et je faisait un trash talk de dingue, j’étais comme un fou. Il n’avait joué qu’une dizaine de minutes pendant le match de présaison. Il est allé voir BJ Armstrong et Scottie Pippen et leur a dit : ‘Je m’occupe du rookie pendant tout le match.’ J’ai eu des problèmes de fautes très vite. J’ai dû aller sur le banc. Il a terminé avec 35 points (33 en fait ndlr) et il est venu me voir en me disant : ‘Gamin, la présaison ce n’est pas la vraie NBA. C’est ça la vraie NBA. » C’était mon ‘bienvenue en NBA, et encore plus’. » Gary Payton.
Pareil pour Steve Kerr, pour qui la rencontre se passait plutôt bien jusqu’à ce que Jordan décide de prendre les choses en main.
« Je pense que la première fois que je l’ai rencontré, je défendais dessus. Craig Ehlo était blessé, donc j’ai commencé le match au poste d’arrière. Je défendais sur Jordan et il défendait sur moi. Un avantage physique historique. Je me rappelle que j’ai mis le premier tir du match avec lui sur le dos. Je me suis senti bien. Et six minutes plus tard, il n’avait toujours pas marqué.Pendant un temps mort, je me suis dit : ‘Il n’a pas encore marqué, je me débrouille bien.’ Mais je me suis rendu compte qu’il n’avait même pas encore tenté un tir. Il faisait tourner la balle. Je me suis demandé pourquoi. Ensuite, dans les quatre minutes qui ont suivi, il m’a botté le cul. Il a mis genre six tirs d’affilée avant que mon coach Lenny Wilkens me sorte du terrain. À la fin du match il avait genre 48 points, et moi 2. Le premier panier du match. » Steve Kerr.