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Les coulisses de la genèse de The Last Dance : Un doc sur Allen Iverson, Adam Silver, l’oncle de Klay Thompson… 

Ce soir ESPN va diffuser les deux premiers épisodes du documentaire The Last Dance, qui revient sur la dernière saison de Michael Jordan aux Bulls, celle de 1997-98. Un documentaire qui sort 23 ans après le dernier titre de Michael Jordan et des Bulls. Une longue, très très longue attente qu’ESPN explique dans un excellent papier de Ramona Shelburne. Récit :

Tout a commencé à l’aube de la saison avec une idée d’un certain Andy Thompson, producteur d’NBA Entertainement, frère de Mychal Thompson et oncle de Klay Thompson.

« Comme il l’est encore, Michael était une des personnes les plus célèbres de la planète. Et il y avait des rumeurs que ça allait être la dernière saison de Michael. » Adam Silver, qui était à la tête de NBA Entertainement à l’époque.

Thompson, qui connaissait bien Michael Jordan, puisqu’il l’avait déjà filmé plusieurs fois chez lui, est allé voir ses boss Silver et Gregg Winik pour leur soumettre son idée.

« Je me rappelle me dire ‘Man, ce mec va prendre sa retraite et nous n’avons jamais vraiment documenté en intégralité une année de celui qui est potentiellement le plus grand athlète de l’histoire du sport.' » Thompson

Ils ont trouvé l’idée excellente, mais encore fallait-il pouvoir la mettre en application, ce qui s’annonçait très compliqué puisqu’il fallait convaincre la meilleure équipe de l’histoire et sa légende Michael Jordan d’ouvrir leurs portes. C’est Adam Silver qui s’est chargé de convaincre la franchise et il a commencé par le propriétaire, Jerry Reinsdorf, qui était ouvert à l’idée, mais à condition que Michael Jordan et Phil Jackson le soient aussi.

« Le coach, au bout du compte, contrôle le vestiaire, donc nous avions besoin de la coopération de Phil. » Silver

Silver a rencontré Jackson à Paris, alors que les Bulls étaient dans la capitale pour disputer l’Open McDonald’s.

« Phil a été super, il a compris. » Silver

Le deal c’était qu’il puisse refuser à Thompson et ses caméras l’accès à l’équipe à certaines occasions, mais il restait encore Jordan à convaincre. Et pour ça Silver lui a donné le contrôle sur l’utilisation des images.

« Notre accord c’était qu’aucun d’entre nous ne pouvait utiliser ces images sans la permission de l’autre. Que cela serait un film qui ne serait même pas dans notre bibliothèque de Secaucus (aux bureaux de la NBA). Nos producteurs n’y auraient pas accès. Les images ne seraient utilisées qu’avec ta permission. » Silver

Silver avait notamment un argument imparable :

« Le pire scénario, c’est que tu auras à la maison le meilleur film de famille jamais créé pour tes enfants. » Silver

La NBA a pu lancer le tournage et a amassé tout au long de la saison plus de 500 heures de film, une saison qui s’est conclue à merveille par la victoire des Bulls avec un immense Michael Jordan, auteur du shoot de la gagne, le fameux : The Last Shot.

Mais voilà, pendant plus de deux décennies, ces 500 heures de film sont restées dans un placard, sans que personne ne puisse les utiliser, et très peu en connaissaient même l’existence. Thompson, même s’il était assez proche de Jordan, ne se sentait pas d’être la bonne personne pour lui demander d’accepter qu’un documentaire soit réalisé.

Pendant des années plusieurs ont tenté leur chance : Frank Marshall, Spike Lee, et même l’acteur Danny DeVito. Mais le partenaire de business de Jordan, Curtis Polk, a confié à ESPN qu’aucun n’avait ne serait-ce pu avoir un rendez-vous en tête à tête avec Jordan pour tenter de le convaincre. ESPN qui avait lancé entre-temps les fameux documentaires 30 for 30 de Bill Simmons, a aussi tenté sa chance, en vain.

L’homme par qui la situation a été débloquée, c’est le producteur Mike Tollin, derrière « Varsity Blues » et « Coach Carter, » ou encore des séries télé comme « Smallville », « One Tree Hill » (Les frères Scott) ou encore « What I Like About You »  Ce dernier connaissait l’existence de ces images via David Falk, agent de Michael Jordan, et qui avait fait une apparence dans un épisode d' »Arli$$ » de HBO, produit par Tollin.

« C’était comme une mine d’or. » Tollin

C’est en février 2016 qu’il a tenté sa chance quand il a vu le succès du documentaire sur OJ Simpson, diffusé en 10 épisodes sur Netflix.

« Je suis un gars qui fait des documentaires depuis les années 70, et plus c’était court mieux c’était, mais là tout à coup c’était devenu, plus il y en a mieux c’est. » Tollin

Il a alors arrangé un entretien avec Polk et Estee Portnoy, deux des plus proches associés de business de Michael Jordan, pour leur proposer son idée.

« Je leur ai dit : ‘nous pourrions faire ça en 6 ou 8 épisodes. De façon à pouvoir voir l’évolution des personnages durant la saison. Nous pourrions voir les différentes intrigues, creuser en profondeur et raconter une histoire que personne n’a jamais contextualisée correctement jusque là. » Tollin

Après cet entretien les discussions ont continué et Tollin a esquissé ce qu’il imaginait comme série en 8 épisodes. Puis finalement, en juin 2006, il a eu enfin la possibilité d’approcher Michael Jordan.

« Il se préparait pour la draft, ils savaient qu’il serait donc à Charlotte. Ils savaient qu’il détestait les réunions, donc ils m’ont dit : ‘Pourquoi ne viendrais-tu pas, on restera ensemble, puis il y aura une pause entre les réunions, et nous aurons un peu de temps avec lui.' » Tollin

Une occasion unique, que personne n’avait eue auparavant, d’exposer son idée à MJ. Et il ne fallait pas se rater.

« La première page c’était une lettre que j’avais écrite pour lui. Cher Michael, chaque jour des enfants viennent à mon bureau en portant tes chaussures, alors même qu’ils ne ton jamais vu jouer. Le moment est venu. » Tollin

Jordan était attentif, a lu chaque page, chaque citation, regardé les images, puis tout à coup il s’est arrêté lorsqu’il a regardé la vignette dessinée pour l’épisode 8. On y voyait les documentaires, films et shows que Tollin et sa compagnie Mandalay Sports Media avaient faits.

« Il y a Kareem (Abdul-Jabbar), il y a Hank Aaron, il y a ‘Varsity Blues,’ ‘Coach Carter’ etc. Il les regarde tous et en bas à droit il y a ‘Iverson.’ Il me dit : ‘c’est toi qui a fait celui-ci ?' » Tollin

Tollin explique qu’il n’a pas répondu dans un premier temps, de peur que sa réponse ne soit pas la bonne. Puis à la relance de MJ, a sorti un « Oui » hésitant. Jordan a retiré ses lunettes, l’a regardé et dit :

« Je l’ai regardé trois fois. Ça m’a fait pleurer. J’aime ce petit gars. » Michael Jordan

Il s’est levé, a fait le tour de son bureau, a tendu la main et lancé ‘Faisons-le !’

Via ESPN

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