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Ishmail Wainright, golgoth au service du collectif, fait mouche partout où il passe

Débarqué cet été de France, Ishmail Wainright est un personnage à part qui fait l’unanimité partout où il passe. Tanké comme une armoire à glace et pourtant hyper dévoué envers ses coéquipiers, il est aussi un infatigable travailleur, lui qui obtenu un contrat non garanti de 2 ans avec les Raptors, et vit un été très chargé, actuellement à l’Afrobasket.

En quatre saisons sur les parquets avec Baylor en NCAA, Wainright avait déjà conquis son monde. Mais surtout, il était un leader tel que ses coéquipiers le suivaient comme un ami et comme une personne que l’on pouvait suivre presque aveuglément. Un vrai chef de file par l’exemple et par l’attitude, plus que par les statistiques.

 » Il unit toujours les gens. Tout le monde l’aime, il est vraiment charismatique et il fait toutes les sales choses qu’il faut pour gagner, donc les gens adorent jouer avec lui. Il est l’un des meilleurs leaders que je n’ai jamais coachés. Avec des gars aussi spéciaux comme Ish, ce qu’il se passe, c’est qu’ils sont investis auprès des gars qui les suivent.[…] C’est l’un de ces gars, qu’importe où il aille, il est un super coéquipier, les gens l’aiment et tout le monde veut jouer avec un gars comme ça, tout le monde veut supporter un gars comme ça. » Scott Drew, coach de Baylor

Jamais à court de motivation et pour sa cinquième année à la fac, il a utilisé sa dernière année d’éligibilité au système NCAA pour jouer avec l’équipe de football américain de Baylor. Avec 2 touchdowns en 9 matchs, Wainright a rendu une copie plus propre pour un joueur qui débutait en NCAA. Responsable du poste de tight ends, Josh McGuire raconte comment son arrivée dans l’équipe, avant de le voir jouer à sa pleine mesure.

 » Nous étions là à dire, ‘écoute, si le basket s’arrête là, tu auras toujours cette opportunité de jouer au foot US, viens et essaye.’ C’est un tel athlète. Il est tellement dur. Je veux dire qu’il est tellement, mentalement dur, physiquement dur, en basket et en football. Donc je pense que ça l’a intrigué. Il est venu, il a très bien joué et ensuite il est tombé malade. Il a manqué plusieurs matchs, il est revenu, puis il a terminé fort l’année » Josh McGuire coach des tight ends de l’époque et aujourd’hui coach principal associé

Et même s’il n’a finalement pas continué dans le foot, le dernier événement de sa carrière a été l’obtention d’un ticket pour un minicamp de présaison avec les Buffalo Bills. Même sans passer le cut, il a ainsi touché la NFL du bout des doigts.

 » Je suis sorti de ma zone de confort. J’ai cru en moi. Je pensais que je serais pris dans l’équipe, l’équipe d’entraînement. J’ai essayé ça. J’ai tout donné. Mais je ne regarde pas en arrière. C’était une porte de fermée, une autre s’est ouverte, et je n’ai pas regardé en arrière. Et maintenant je suis ici quelques années plus tard. » Ishmail Wainright

Son coach du moment, Josh McGuire a lui aussi profité du phénomène, et il en ressort le même état d’esprit que sur les terrains de basket. Peur de rien, mais envie de tout apprendre. Et avec un tel physique, en bon coach de tight ends qu’il est ( TE est un poste offensif du foot US occupé par des joueurs souvent grands et relativement costauds), McGuire a apprécié.

 » Il a été un leader dès le début. Il apprenait beaucoup, mais il apprenait vraiment vite. Comme c’était un gamin très physique, il ne reculait devant rien, donc vous pouviez lui apprendre et il pouvait maîtriser beaucoup de choses. Donc c’était bien. Mais d’un point de vue du leadership, dès le premier jour, il nous a aidés. C’est une personne tellement incroyable. Il a une personnalité contagieuse. Il est tellement facile à coacher comme jeune homme. Ce genre de gars avec qui c’est facile de partager un vestiaire. » McGuire

Après avoir joué au foot, Wainright est retourné du côté de ses premiers amours avec le basket. Toujours présent dans les infras de l’université, il a passé du temps avec l’équipe de basket de Baylor. Pour cela, il a perdu du poids, passant de 120 à 106 kilos environ. Et il y a découvert de nouvelles têtes. Car si Ishmail Wainright a compté dans la carrière de quelqu’un, c’est bien Freddie Gillespie. Nouveau à Baylor et soutenu par l’ailier, aidé par l’ancien Strasbourgeois, Gillepsie connait la valeur de l’assistance que peut être Wainright. Ce dernier a été clé à plusieurs moments de sa vie alors qu’il a maintenant touché à la NBA l’année dernière, lui aussi pour les Raptors.

 » A ce moment-là, j’étais nouveau, je ne connaissais personne, j’avais un peu de mal avec mon jeu à cette période. C’était un gars positif. Il est vraiment mature. Il me parlait, il nous parlait à tous, il continuait d’encourager les gens, plein de choses du genre. C’est un véritable leader. » Freddie Gillespie

Et même lorsqu’il était en galère lors du training camp de la Summer League, Gillepsie a trouvé un soutien en Wainright qui était là pour aider son pote comme le rapporte le principal intéressé.

 » C’est cool. Je suis un rookie aussi. Tu es le vétéran. Tu as plus d’expérience que je n’en ai, donc agi de la sorte. Continue de jouer. Je suis dans le même bateau que toi, donc est ensemble là-dedans. » Ishmail Wainright via Freddie Gillepsie

Alors Gillepsie est reconnaissant et sait ce qu’il lui doit.

 » Je pense qu’en ayant quelqu’un que tu connais, quelqu’un avec qui, d’une certaine façon, tu peux traverser des choses, tu ne te sens pas si seul. Avoir ce quelqu’un avec qui se battre à vos côtés ou traverser ces choses avec vous, ça rend ça un peu plus facile. » Freddie Gillespie

Membre rêvé d’un vestiaire, Wainright en est aussi un pilier. Par son état d’esprit, mais aussi par son physique impressionnant. Et durant la Summer League, ses coéquipiers sont impressionnés par la bête qu’il est. Matt Morgan et Malachi Flynn en tête.

 » Ish est un putain de talent. Il est bâti comme un tank. Comme une maison de briques. » Matt Morgan

 » Je le contourne. Il est trop énorme. Je ne suis pas là pour me blesser à l’entraînement. »  Malachi Flynn

Alors qu’il l’a coaché durant la Summer League, Patrick Mutombo rêve de voir Wainright rester dans la ligue. Et si les Raptors n’en veulent pas, lui l’accueillera à bras ouverts en G-League.

 » Je l’adore. je disais à Masai (Ujiri) et Bobby (Webster), en me moquant d’eux :  » Je pense qu’il n’est pas assez bon pour les Raptors ». Bobby m’a passé un savon, il m’a dit,  » Patrick, on ne fait pas ça ». Le crédit revient à notre front office, il ramène de bonnes personnes. C’est un joueur talentueux niveau basket, c’est une joie de le coacher et ensuite il a simplement cette dureté pour laquelle j’ai un faible. Il a été génial. C’est une bonne force pour nous. » Patrick Mutombo, coach des Raptors 905 et des Raptors en Summer League

Si l’intersaison de Wainright apparaît interminable, c’est aussi parce qu’il s’est attelé à représenter sa sélection. Et ce, dès le début de l’été lors d’un match de l’Ouganda face au Maroc, dans ce représentait le dernier obstacle avant d’intégrer le tableau final et les phases de poule. Alors après avoir entamé son été sous le maillot de l’Ouganda et dans cet objectif, Wainright ne pouvait pas laisser son pays disputer le Championnat d’Afrique sans lui. Alors il est parti pour le Rwanda et la compétition. Et le coaching staff sait combien il doit à la présence du néo-raptor.

 » Il a vraiment pris à coeur le fait d’être le leader pour l’équipe. C’était l’un des challenges. Il est toujours tellement bon pour se donner, faire tourner la balle, et c’est quelqu’un d’ouvert. Et nous nous sommes là :  » Nous avons besoin que tu sois notre LeBron James ». Nous avons dû lui rappeler ça dès le début. Je me souviens de George ( Galanopoulos, coach de l’Ouganda) le mettant sur le côté et lui disant,  » Hey mon gars, tu es notre gars, tu es notre LeBron ». Et je pense qu’il a juste dit,  » N’en dis pas plus », et il est retourné jouer. Il ne s’est pas retourné depuis. » Mike Schmitz, assistant coach de l’Ouganda et consultant analyste pour ESPN

Sur le terrain, Wainright ne se cache donc pas. Il a manqué le triple-double d’un point face au Cameroun ? Il le fera, et avec la manière, 22 points, 12 rebonds et 10 passes, dans la défaite face au Soudan du Sud. S’il ne peut évidemment pas transformer à lui tout seul sa sélection en machine à gagner, il la porte sur ses épaules. Meilleur passeur du tournoi avec 7,3 passes, il est aussi quatrième rebondeur avec 9,3 prises par match. Alors si sa contribution au scoring n’est « que » de 13 points, elle le place tout de même seizième scoreur de l’AfroBasket. Des performances d’un haut niveau qui témoigne de sa capacité à élever son niveau de jeu.

Pourtant pas natif du pays, naturalisé sur les avances de Mike Schmitz et de George Galanopoulous, le coach ougandais, c’est ainsi qu’il a obtenu son passeport ougandais, Wainright est malgré ça considéré comme une icône par de nombreux jeunes joueurs sur place. Un peu à la façon de son possible coéquipier de training camp, Anas Mahmoud en Egypte. Alors, lorsque Mike Schmitz anime une session avec les U16 nationaux, tous n’ont qu’un nom à la bouche, Ishmail Wainright.

 » Pour un enfant de Kansas City, avoir ce genre d’impact dans son pays, à des milliers de kilomètres, et vraiment leur donner de façon authentique une raison de croire qu’ils pourraient eux aussi jouer un jour en NBA, et pouvoir voir et sentir cela, je lui ai envoyé un SMS, j’étais en mode  » Mec, c’est quelque chose de très puissant ». Je sais que c’est seulement le début et qu’il a encore du travail à faire, mais d’où il vient, il a mérité chaque once de succès et je pense que c’est simplement le début pour lui. Je pense que les gens ont besoin d’entendre plus parler d’histoires comme la sienne. Les gens ont besoin d’entendre plus de choses sur des gens comme lui. Je pense que c’est bon pour le monde et pour les jeunes athlètes qui arrivent ».  Mike Schmitz

Entre la Summer League et les matchs de qualification pour l’AfroBasket qu’il dispute actuellement, l’ancien joueur de Strasbourg joue donc sa troisième compétition de l’été. Sans rechigner et avec volonté. Et s’il brille actuellement au Rwanda, il n’a jamais été question pour lui de se reposer, même avec le training camp des Raptors à venir.

 » Ça n’a jamais été remis en doute. C’était long. Je ne vais pas mentir. Ça a été un été extrêmement long. Mais je me suis bougé le cul… De jouer pour un pays comme l’Ouganda c’est fou, c’est incroyable. J’apprécie chacun des moments. » Ishmail Wainright

S’il a réussi à revenir aux Etats-Unis par le travail et l’abnégation, il ne veut plus traverser l’Atlantique et retourner jouer en Europe ou ailleurs. Sa place maintenant, c’est la NBA ou le basket américain.

 » Je crois en moi. Je fais confiance au process. J’ai fait une bonne saison l’année passée, et maintenant je suis ici, et j’ai l’intention d’y rester. Je ne veux pas retourner à l’étranger. Jamais. » Ishmail Wainright

Maintenant, place au training camp, où Wainright devra, peut-être, quelque peu oublier les autres pour montrer qu’il mérite son spot dans le roster final des Raptors. Entre ambition et dévouement aux autres, Wainright ferait un bien joli personnage au sein de la NBA. Mais la prochaine étape pour lui, c’est un match historique en quart de finale de l’AfroBasket, pour tenter de qualifier l’Ouganda pour une demi-finale historique, l’équipe n’ayant jamais fait mieux que treizième du tournoi avant cette année, où elle est assurée d’un top 12. Et ça tombe bien, les ougandais affronteront le Cap Vert, à qui Wainright avait planté 36 points en novembre dernier.

Via The Athletic

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