NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets : N°5, Phoenix Suns

NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets : N°5, Phoenix Suns

L’équipe de l’Echo Des Parquets quitte momentanément les micros pour la plume : StillBallin, Guillaume et Lucas se glissent dans la peau des GMs le temps d’une mock draft. Dans quelques jours les franchises les plus hauts placées dans la draft vont en effet avoir la possibilité de se donner un énorme coup de boost jusqu’à pourquoi pas sortir leur équipe de leurs difficultés, grâce au renfort d’un des meilleurs jeunes joueurs désirant intégrer la grande ligue. Mais les erreurs seront cruelles et douloureuses dans ce moment crucial alors faire le bon choix devient une obligation qu’il n’est assurément pas facile de tenir. Joignons-nous à la réflexion pour quelques unes d’entre elles et voyons quels genres de voies devraient-elles suivre. Cavaliers, Magic, Wizards et Bobcats se sont succédés au podium, voici venu le tour des Suns.

Lucas (@SwitchtoLK)

Le plus dur lors de la draft, ce n’est finalement pas tant de jeter son dévolu sur un joueur que de définir une stratégie qui justifiera sa sélection. Contrairement à la quasi totalité des équipes possédant un pick dans le top 10, Phoenix n’est pas un habitué de la lottery. Pour grossir le trait, on pourra noter que c’est la première fois depuis 1987 que les Suns obtiennent une sélection dans le top 5 de la draft. Autant dire qu’à l’inverse des Cavaliers, Bobcats et autres Wizards, Phoenix prépare cette draft au crayon gris quand leurs homologues en sont à l’encrage voire même pour certains à la couleur.

Néanmoins, et comme je l’ai expliqué au cours d’un précédent article, la franchise de l’Arizona a clairement affirmé son ambition de se rebâtir via la draft après l’échec de la free agency 2012. Le General Manager, Ryan McDonough, s’est vu investi pour les quatre prochaines années, tandis que le nouvel entraîneur, Jeff Hornacek, a lui été engagé pour trois ans. McDonough est un spécialiste du scouting, et Hornacek de la formation, ce qui laisse peu de doutes quand à la direction choisie par la franchise. Pour plus de détails, je vous invite bien entendu à lire l’article en question, Blues before Sunrise.

Revenons-en à la draft. Etant donné l’effectif des Suns, trois profils leur font actuellement défaut. En premier lieu, un pur arrière. Cette saison, le poste a tout d’abord été confié à Jared Dudley, qui est avant tout un ailier, et dont les qualités ne peuvent s’exprimer pleinement sur le poste 2 puisque trop peu explosif. Dudley est un shooteur régulier et un défenseur aussi impliqué que talenteux, mais dans un rôle d’arrière, sa grande taille et son manque de vitesse le confinent à un rôle de simple shooteur alors qu’installé à l’aile, il peut faire valoir son excellente vision du jeu face à des adversaires moins rapides et surtout moins enthousiastes à aller tenter de lui voler le ballon.

Le poste a ensuite été redistribué à PJ Tucker, défenseur énergique à défaut d’être efficace. Entendez par là que Tucker ne rechigne pas à aller au rebond ou à défendre sur le meilleur joueur adverse en y mettant toute son énergie, des intentions louables qu’il faut nuancer par une propension à se jeter trop facilement sur son adversaire quitte à prendre des fautes ou des crossovers. Il faut également prendre en compte le fait que Tucker est un shooteur médiocre qui n’est véritablement efficace que près du cercle, un défaut souvent rédhibitoire pour un arrière.

Enfin, c’est Wes Johnson qui a conclu la saison aux côtés de Goran Dragic. Johnson a toujours été un in-betweener en NBA, c’est à dire un joueur qui n’est pas vraiment fixé sur un poste. Ce qui peut être une qualité quand on est un joueur polyvalent -comme Boris Diaw- devient un défaut quand on a une palette offensive peu variée -comme Wes Johnson. Tout comme Dudley, même s’il est un shooteur crédible, Johnson est trop grand et pas assez rapide pour le poste 2, ce qui l’empêche de faire admirer son shoot en sortie de dribble qui fut si létal en NCAA, étant donné qu’il ne peut pas prendre le risque de dribbler face à des arrières plus vifs qu’il ne l’est lui-même.

En somme, des trois acteurs ayant auditionné pour ce rôle de deuxième arrière, aucun n’a convaincu et il semble essentiel de se tourner vers la draft pour compléter le casting. Contrairement à d’autres postes comme celui de meneur qui a vu des drafts fournir cinq titulaires voire plus, on trouve rarement plus de deux arrières de qualité par draft. Exception faite de cette année, où Ben McLemore et Victor Oladipo devraient entendre le commissioner appeler leur nom en tout début de soirée.

Bien que StillBallin conseille aux Wizards de sélectionner le jeune Hoosier avec leur troisième choix -il est d’ailleurs loin d’avoir tort- il est fort probable que ceux-ci jettent leur dévolu sur un ailier et qu’Oladipo soit toujours disponible quand l’heure sera venue pour les Suns d’offrir une casquette à leurs couleurs à l’étudiant de leur choix. Compte tenu des lacunes des trois protagonistes évoquées plus haut, sa sélection apparaîtrait comme une évidence si d’aventure Oladipo venait à être nu-tête quand Phoenix annoncera sa sélection.

Contre toute attente, Oladipo a finalement décidé de signer avec les Harlem Globetrotters.
Contre toute attente, Oladipo a finalement décidé de signer avec les Harlem Globetrotters. (Brian Spurlock-USA TODAY Sports)

Tout d’abord, d’un point de vue morphologique, Oladipo est l’archétype de l’arrière post-Jordan. Que ce soit au niveau du poids, de la taille, de l’envergure, de la détente, l’étudiant d’Indiana semble avoir été fondu dans le même moule que MJ. Non content d’avoir le corps de celui que tout le monde veut être, le jeune Victor est également un finisseur hors norme au cercle, un passeur inspiré, et un shooteur précis à défaut d’être prolifique. Bien entendu, il ne s’agit pas là de dire qu’Oladipo marche dans les traces de celui qui priva les Suns du titre en 1993, mais que le Hoosier est clairement taillé pour le poste 2, un poste où il pourrait devenir un incontournable de la ligue d’ici la fin de son contrat rookie.

Les Suns ont besoin d’un arrière, et Oladipo semble être né pour évoluer dans ce rôle. Plus intéressant encore, son jeu ne nécessite pas de le gaver de ballons, ni de le voir prendre une proportion Carmelo Anthony-esque de shoots. Oladipo devrait ainsi pouvoir des sa saison rookie avoir un apport similaire voire supérieur à celui d’un Jimmy Butler ou d’un Lance Stephenson versions Playoffs. Des qualités qui devraient logiquement pousser les Suns à griffoner son nom en tête du calepin où ils inscriront les patronymes des prospects qu’ils observent d’un oeil gourmand.

Nous disions plus tôt dans l’introduction que Phoenix devait se mettre en quête de trois types de joueurs : un pur arrière donc, mais également en second lieu un scoreur régulier. En ce qui concerne ce profil, cette draft semble malheureusement peu généreuse, et mis à part Ben McLemore, on ne peut pas vraiment attendre des futurs rookies un apport au tableau d’affichage consistant d’un match sur l’autre.

Shabazz Muhammad, qui sera facilement devenu un scoreur à 15-20 points de moyenne d’ici moins de trois ans, ressemble trop à un Michael Beasley en plus petit. S’il est certain que l’un comme l’autre sont parfaitement capables de mettre 40 points à n’importe quelle équipe, il est tout aussi vrai qu’ils peuvent passer au travers d’un match au point de faire passer Byron Mullens pour Bruce Bowen. Tous deux sont des scoreurs de très haut vol, mais dont les performances ondulent autant qu’Abella Anderson, et autant dire que ni l’un ni l’autre ne pourront être ce joueur capable de marquer entre 15 et 25 points 82 matches durant qui fait tant défaut aux Suns depuis le départ de Stoudemire.

Il semble compliqué pour les Suns d’espérer que Ben McLemore puisse tomber jusqu’à leur 5e pick. Néanmoins, compte tenu des doutes qui planent autour des premières places de cette draft, Phoenix serait bien avisé de tenter d’échanger son pick pour monter dans la draft et ainsi obtenir McLemore, qui correspond non seulement à ce profil de scoreur, mais qui est également un pur 2 comme Oladipo. Cleveland et Washington cherchent tous deux à se renforcer à l’aile -on parle beaucoup d’Otto Porter- et Phoenix possède en ses rangs un ailier confirmé dont la valeur marchande reste relativement élevée en la personne de Jared Dudley.

Un package comprenant Jared Dudley et le 5e choix de la draft pourrait ainsi trouver preneur chez les Cavaliers ou les Wizards. John Wall a récemment fait part de son désir de voir son équipe ajouter un intérieur fuyant, et dans le cadre de négociations avec Washington, Phoenix peut mettre sur la table un Channing Frye ou un Markieff Morris, qui auront du mal à se partager les minutes la saison prochaine. Un tel échange offrirait aux Suns la possibilité de drafter McLemore ou Noel, ce qui nous amène au troisième profil de joueur vers qui la franchise de l’Arizona devrait se tourner : un intérieur athlétique.

En effet, avec une rotation sur les postes 4 et 5 constituée de Luis Scola, Marcin Gortat, Channing Frye et Markieff Morris, on est plus proche de l’amicale des amis de Zach Randolph que de la Team Flight Brothers. Cette corporation des intérieurs ras-du-sol a bien sûr des atouts : que ce soit au poste bas ou à trois points, elle permet de quadriller efficacement le parquet, et Hornacek pourra compter l’an prochain sur quatre attaquants de qualité. Néanmoins, aucun d’entre eux ne représente une menace régulière sur pick’n’roll, et aucun d’eux n’offre la possibilité à Goran Dragic de hausser le rythme de jeu en les servant près du cercle directement pour des paniers faciles.

On sous-estime souvent le jeu sans ballon des intérieurs pour trouver de bonnes positions près du cercle. Andrew Bynum par exemple, n’a pas le toucher d’un Yao (ni celui d’un Perkins, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit) mais sa capacité à se démarquer pour réclamer le ballon dans une distance très restreinte du panier lui permet de finir sans difficulté. Les meneurs de jeu raffolent de ce genre d’intérieurs car il est aisé de leur donner la balle. De la même manière, un intérieur athlétique capable de prendre le dessus sur son vis-à-vis dans les airs peut réceptionner la balle proche du cercle suite à un lob de son meneur, et ainsi se mettre en position de force dès le départ, à l’image d’un Blake Griffin, qui allie à cette qualité une finition au panier de très haut niveau.

Soucieux de rajeunir leur effectif, les Suns songeraient à drafter Malcolm.
Soucieux de rajeunir leur effectif, les Suns songeraient à drafter Malcolm. (Barry Gossage/NBAE/Getty Images)

A l’heure actuelle, l’effectif de Phoenix est peut-être le moins athlétique de la NBA, ce qui est un non-sens dans une ligue où cette dimension du jeu est de plus en plus prépondérante. Via cette draft, les Suns vont devoir se mettre à la page et cela passe par la sélection d’un intérieur bondissant comme peut l’être Nerlens Noel. Il serait possible que Noel tombe jusqu’au 5e pick des Suns, mais cela reste peu probable et à moins d’un trade, le pivot de Kentucky ne ramènera sans doute pas son afro dans l’Arizona l’année prochaine.

Le contrat de Gortat expirant à la fin de l’exercice 2013-2014, et dans l’éventualité où ni Oladipo, ni Noel, ni McLemore ne soient disponibles, Phoenix devra choisir parmi le large contingent de pivots attendu dans la lottery. Parmi eux, Alex Len, le filiforme Ukrainien de Maryland semble avoir la cote auprès des scouts. Len, de par sa morphologie, et ne nous le cachons pas, de par ses origines d’Europe de l’Est, attire la comparaison avec Jonas Valanciunas. Tous deux sont très longs que ce soit au niveau du buste, des jambes ou des bras, et peuvent ainsi dominer l’espace aérien.

Mais contrairement au jeune pivot de Toronto, Len n’a pas ne serait-ce que les bribes d’un jeu offensif en construction. Bloquez lui un move, et il n’aura pas de réponse. Interdisez lui d’utiliser sa main droite, et Len se verra contraint de ressortir la balle ou de lancer un hook-shot capable de fissurer le plexiglas. Comme trop de pivots, Len a des capacités physiques stupéfiantes, mais son jeu offensif est en friche.

Comme trop de pivots, on dit de Len qu’il devra développer son jeu, mais la NBA est un univers hiérarchisé, et si le jeune Ukrainien n’a pas de palette offensive à son arrivée dans la ligue, il sera confiné à un rôle de grand aux grands bras chargé de chasser les adversaires hors de la raquette et de réceptionner des alley-oops. Une saison de 82 matches ne permet pas à un jeune pivot de progresser offensivement s’il n’a pas de bases solides. Et ce n’est pas un ou deux après-midi avec Olajuwon qui pourront y remédier.

Moins grand, mais tout aussi athlétique, et surtout bien plus technique, on trouve Cody Zeller. Le coéquipier d’Oladipo peut apporter ses qualités exactement aux endroits où les Suns en manquent. Tout d’abord, Zeller est un intérieur qui provoque beaucoup de fautes. Son jeu offensif riche et diversifié lui permet de feinter ses adversaires et de se retrouver avec régularité sur la ligne des lancers où il enregistre un coquet 76% de réussite. Phoenix est la 27e équipe de NBA au nombre de lancers provoqués avec seulement 19.7 par match. En NCAA, Zeller en enregistre déjà 7 par partie à lui seul.

Zeller a également impressioné lors du NBA Draft Combine, faisant admirer une détente sèche de 90cm, ce qui le classe troisième parmi tous les prospects présent, et premier de très loin parmi les intérieurs. Goran Dragic trouverait en lui un intérieur capable de réceptionner la balle dans les airs, et le partenaire de alley-oops qu’il n’a jamais eu. Zeller est également un très bon joueur sur pick’n’roll, ce dont aucun big man du roster actuel ne peut se vanter.

Quelques points faibles viennent toutefois noircir ce tableau assez élogieux : Zeller était déjà un intérieur très léger en NCAA -dix kilos de différence avec Len- il semble évident qu’il se fasse remuer en NBA et que la fluidité de son jeu offensif s’en ressente, de même que sa capacité à s’imposer dans les airs. De la même manière, s’il est capable de bien se placer au rebond ou d’apporter son aide en défense, les kilos supplémentaires de ses adversaires suffiront souvent à le chasser des positions qu’il parviendra à établir, et qu’il ne pourra compenser dans un autre secteur physique, ayant également une envergure en-dessous des standards du poste.

Néanmoins, Zeller peut prendre le dessus sur ses adversaires (en attaque, du moins) par une mobilité qu’on trouve rarement chez un intérieur. Doté d’un premier pas très rapide à l’instar d’un Chris Bosh, le jeune Hoosier peut partir en dribble à 4-5 mètres du panier, mettant ainsi dans l’embarras un intérieur plus lourd qui sera contraint de tenter de le pousser pour limiter son déplacement. Cette vitesse se ressent également sur le jeu de transition -un des seuls secteurs encourageants pour Phoenix cette année- puisque le frère de Luke et Tyler tourne à un splendide 80% de réussite sur jeu rapide.

La crainte majeure qui entoure le jeune intérieur reste le risque que son jeu ne puisse trouver sa place dans un univers aussi physique que celui qu’il s’apprête à découvrir. Comme expliqué plus haut, Zeller est un intérieur très léger avec des bras relativement courts, et son jeu majoritairement basé sur sa technique poste bas est suceptible de souffrir de ces deux lacunes. Pourtant, étant donné que d’autres nuances de sa palette offensive, par exemple son excellent shoot mi-distance, n’ont pas été mises en avant au cours de son cursus universitaire, on peut penser que le Hoosier a d’autres cordes à son arc qu’il ne manquera pas de claquer à la face de ses adversaires. La NBA est un univers où le jeu tourne beaucoup autour du pick’n’roll, et Zeller, de par sa mobilité, son shoot et sa compréhension du jeu, peut devenir à très court terme une référence dans ce secteur du jeu. En somme, Cody Zeller est un joueur qui a des défauts, mais qui les compense largement par ses qualités.

Après avoir étudié les différents besoins des Suns (pur arrière, scoreur régulier, intérieur athlétique) il convient de rappeler qu’ils disposent cette année de trois picks. Le 5e qui a été développé au cours de cet article, mais également le 30e et le 57e. Jeff Hornacek invite actuellement beaucoup de meneurs à ses work-outs car il souhaiterait voir Dragic évoluer davantage aux côtés d’un second meneur comme losque le Slovène était associé à Nash, et CJ McCollum semble avoir retenu l’attention du néo-coach de Phoenix. Cependant, au vu des besoins évoqués plus haut, il semblerait logique que le meneur remplaçant recherché par Horny soit plutôt sélectionné avec un des deux autres picks.

L’idéal pour les Suns, au niveau de la perspective sportive, du projet à long terme et des idées de Jeff Hornacek, serait de drafter Victor Oladipo au 5e choix, Mouhammadou Jaiteh avec le 30e et un joueur comme Peyton Siva avec le 57e. Ainsi, Oladipo pourrait couvrir ce poste d’arrière qui fait tant défaut à Phoenix, Jaiteh ferait un très bon prospect à l’intérieur, et Siva serait idéal en tant que 3e meneur.

Les choses étant ce qu’elles sont, ce fourbe de StillBallin fait la nique aux mock drafts consensuelles et a choisi de sélectionner Oladipo avec le 3e pick des Wizards, mettant ainsi à mal ma stratégie. Il n’est cependant pas à écarter qu’Oladipo ait en effet déjà quitté la Green Room pour les plateaux télé quand viendra l’heure des Suns. Je raye donc son nom sur mon calepin, et peut-être un peu par nostalgie, tente de recréer un duo Nash-Stoudemire low-cost en sélectionnant Cody Zeller.

With the Fitfh pick in the L’Echo Des Parquets’ NBA Mock Draft, the Phoenix Suns select…

Cody Zeller, from Indiana University

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