Road to the Draft : Jonathan Isaac, des airs de Kevin Durant ?

Road to the Draft : Jonathan Isaac, des airs de Kevin Durant ?

Jonathan Isaac est probablement l’un des prospects qui divise le plus cette année. Ce n’est pas que l’ailier de Florida State n’ait pas de talent, bien au contraire. Sur le talent pur, Isaac est même parmi ceux qui en possèdent le plus dans cette classe de draft. Un des trois ou quatre meilleurs. Tout le problème est en revanche de savoir s’il sera capable d’exploiter ce dit potentiel. Peu de rumeurs le projettent tout en haut de la draft, mais passé la 5e place, les GM’s ne devraient pas hésiter à se jeter sur l’occasion.

Jetons un coup d’œil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

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Isaac était une des grosses attractions de cette saison universitaire dès l’intersaison dernière. Les attentes étaient assez grandes autour de ce très grand ailier, aux mensurations d’un intérieur mais possédant le jeu d’un extérieur. Ayant choisi la modeste mais solide fac de Florida State, Isaac n’a pas vraiment réalisé tout ce que l’on pouvait attendre de lui, ce qui explique qu’il se retrouve aujourd’hui dans la deuxième moitié du probable top 10 (Ntilikina, Smith, Monk, Isaac et Markkanen) plutôt que dans la première (Fultz, Ball, Jackson, Tatum, Fox) qui se dessine lentement mais sûrement.

Ce n’est pas qu’Isaac ait tout le temps été décevant, d’ailleurs. Logiquement discret, mais intéressant sur le début de saison, il connaît un pic de forme vers Janvier/Février, période durant laquelle il concrétise son potentiel sous-jacent en performances très concrètes et très solides, contre de grosses écuries comme North Carolina (futur champion) entre autres. A cette période, la côte d’Isaac monte en flèche, et étant donné qu’il semble rassurer sur sa capacité à devenir un bon joueur, on l’imagine assez facilement dans le top 5, une position en adéquation avec son talent immense.

Le reste de la saison sera plus décevant néanmoins. Il redevient bien plus aléatoire sur la fin de saison, perdant ainsi le crédit qu’on pensait pouvoir lui accorder en régularité. Les Seminoles de Florida State se feront éliminer sèchement au deuxième tour de la March Madness par Xavier.

Sa saison se conclut sur 12 points et 7.8 rebonds de moyenne, en 26 minutes de jeu par match et avec une bonne efficacité générale de 50% FG. Néanmoins, son rôle à Florida State était on ne peut plus limité. Isaac était très bas dans la hiérarchie des joueurs (quatrième ?), se voyait confier très peu de responsabilités et très peu de ballons. Il était en bout de chaîne des systèmes offensifs, et apportait son impact défensif, mais son temps de jeu était extrêmement irrégulier au cours même d’un match. Certes, s’il est complètement exploité, son potentiel est celui d’un énorme joueur. Seulement, à la fac, où le niveau est immensément plus faible qu’en NBA, Isaac n’a joué qu’un rôle de complément, et n’a pas toujours brillé. Pas de quoi franchement rassurer les GM’s héritiers de hauts choix de draft.

Le profil physique est sans doute son premier bel atout pour séduire ces GM’s. Isaac n’est pas une licorne, mais il n’en est franchement pas loin. Il est très grand (6’10/2m08), avec de très longs bras (7’1/2m16), tout en bougeant à la manière d’un extérieur. Un profil physique qui n’est pas sans rappeler Kevin Durant en somme, toutes proportions gardées évidemment. Au-delà de ça, son jeu aussi s’apparente à celui d’un joueur de périmètre, et si on le projette ainsi (en tant qu’ailier, ou small ball 4) ses grandes mensurations n’en sont que plus belles.

Quelques bémols sont toutefois à apporter. Isaac est un assez bon athlète, mais pas un excellent. Il est finalement assez peu explosif, bien qu’il ait suffisamment de verticalité pour jouer au-dessus du cercle. Il n’a pas cette vivacité d’appuis, cette brusque propulsion ou cette détente qui rendent les Durant et Antetokoumpo si spéciaux. Plus encore, Isaac est un joueur encore très frêle, et ses épaules assez étroites ne laissent pas penser qu’elles pourraient supporter une énorme masse de muscles supplémentaire. Au-delà de ça, Isaac est mobile pour sa très grande taille mais pas fantastiquement fluide. Il semble parfois très rigide dans ses déplacements, et pas avec un aussi bon contrôle du corps que l’on aurait souhaité.

Isaac est d’abord et avant tout un bon jump-shooteur. C’est d’ailleurs cette qualité qui en fait un potentiel small ball 4 on ne peut plus intéressant, étant donné qu’à une bonne défense se rajoute un tir extérieur fiable, le combo recherché par tous les amoureux des petits lineups.

Sa mécanique de tir est assez bonne. Elle est compacte et assez rapide, et il se tient bien droit au moment du tir. Une des plus importantes caractéristiques de cette mécanique est le fait qu’il parvient à relâcher le ballon très haut, du fait de ses longs bras et de sa grande taille. Ainsi, il peut se permettre de shooter par-dessus les adversaires sans que ceux-ci arrivent à le gêner. De manière très concrète, c’est quelque chose qu’il fait assez peu pour l’instant, mais c’est une qualité qui, s’il arrive à l’exploiter et s’il gagne en volume de jeu, pourrait s’avérer incroyablement redoutable. C’est d’ailleurs ça qui fait de Kevin durant un si redoutable jump-shooteur.

Actuellement, Isaac est principalement un shooteur à trois points, sur des opportunités qu’on lui créé. A Florida State, ce tir à longue distance est apparu fiable mais très irrégulier : 35% sur seulement 2.8 tentatives par rencontre. Il y avait clairement des soirs où Isaac était en confiance et pouvait en rentrer quelques uns, et d’autres où rien ne rentrait. Gagner en régularité sera déjà une première étape à franchir, concernant ce tir primé.

Un autre petit défaut, qui n’est peut-être pas si petit ni négligeable que cela, est sa portée de tir. Isaac est apparu ne pas avoir la capacité de shooter de très loin, et même la ligne à trois-points universitaire ne semblait pas toujours rentrer dans sa portée de tir (beaucoup de ses tirs finissaient courts ou carrément en air ball). La question centrale à propos de cela est de savoir si c’est un problème purement de mécanique, de dosage et d’habitude à prendre (quelque chose d’aisément corrigeable) ou si c’est un réel problème de puissance pure. Il est vrai que Isaac est un joueur frêle pour sa taille, particulièrement dans la partie haute du corps, mais ce serait tout de même étonnant de le voir ne pas être capable de tirer plus fort que ça. En général les problèmes de puissance à transmettre dans le ballon sont le souci des petits et/ou légers meneurs de jeu. Pour un joueur aussi grand, il suffit qu’il passe un peu de temps à la salle de musculation pour avoir le matos, et ensuite aller au gymnase travailler le dosage.

Isaac est principalement un tireur à trois-points, mais il est aussi capable de shooter en sortie de dribble et de ses créer son propre tir. Il ne l’a pas montré suffisamment, sans quoi il serait sans doute attendu dans le top 3 de la draft plutôt qu’entre la 6e et 10e place, mais il a tout de même montré quelques bases. A proprement parler, il ne se créé d’ailleurs pas vraiment son tir, il se contente juste de s’élever et de tirer par-dessus son défenseur. Il procède ainsi parce qu’il le peut, mais s’il souhaite atteindre le potentiel maximum qui semble être le siens (à savoir un très gros joueur offensif notamment) il lui faudra apprendre à utiliser un footwork plus léché, et des moves plus variés.

Certes, son rôle était très limité à Florida State, et on pourrait être tenté de justifier le peu de création de son propre tir de cette manière. Cependant, c’est sans doute la lecture inverse qui semble plus juste : si Isaac avait été meilleur tireur en sortie de dribble, son rôle n’aurait pas été limité. Les Seminoles étaient une bonne équipe, solide et solidaire, mais pas franchement un vivier de talent pur comme peuvent être des Kentucky ou Duke. Si Isaac avait été capable, nul doute qu’il aurait pris très vite une place plus importante en attaque.

Quelques doutes, plus ou moins gros, persistent quant à sa capacité à développer ce tir en sortie de dribble chez les pros. Comme évoqué ci-dessus, son footwork est pour l’instant très pauvre, tout comme sa créativité. Son dribble est bon pour sa taille (et pour le poste d’intérieur), mais pas pour un pur joueur de périmètre, ou pour un joueur NBA en général. Il a tendance à faire rebondir le ballon beaucoup trop haut, et ne fait pas l’effort comme doivent le faire tous les grands joueurs, de descendre sur ses appuis, se rapprocher du sol, et garder une hauteur de dribble basse. Actuellement, le fait de faire rebondir la balle aussi haut la rend complètement vulnérable aux interceptions adverses, puisque les défenseurs ont plus de temps pour jaillir et dérober le ballon. Au-delà de ça, Isaac ne semble pas avoir encore un très bon contrôle de sa balle, ou la capacité de faire pleins de choses différentes balle en main.

Egalement, Isaac ne semble pas avoir les appuis assez rapides pour rapidement exploser sur son tir en sortie de dribble. Il lui faut un certain temps pour bien se mettre en place et charger son tir de la bonne façon. Un laps de temps petit mais non négligeable dans une ligue où les défenseurs sont d’un très haut calibre et où chaque détail compte. Actuellement, lorsqu’il est amené à tirer en sortie de dribble et qu’il n’a pas beaucoup de temps pour dégainer parce que le défenseur est sur lui, sa mécanique devient beaucoup plus aléatoire. Enfin, son toucher de balle ne semble pas bon du tout, la balle n’effectue pas un bon mouvement de rotation sur elle-même pendant le tir.

En revanche, même s’il n’arrive jamais à se créer son propre tir de belle manière et régulièrement, Isaac apporte déjà plus de certitudes à mi-distance, pour être le type d’intérieur à l’aise sur long deux (sortie d’écran, pick & pop, etc) à la manière de LaMarcus Aldridge ou Kevin Love. Egalement, Isaac est déjà très bon pour attaquer les closeouts. Si les défenseurs se jettent sur lui pour l’empêcher de tirer à trois-points, il pose un dribble et enchaîne avec un rapide tir à mi-distance. Ce n’est pas à proprement parler un tir en sortie de dribble qu’il se créé tout seul, mais c’est une qualité appréciable sur laquelle il est déjà bon.

Sa sélection de tir est assez bonne, mais largement améliorable. En effet, malgré son efficacité générale (50% FG), Isaac a tendance à se contenter un peu trop de longs tirs, très tôt dans la possession, plutôt que de d’attaquer le cercle ou d’aller à l’intérieur. C’est une sous utilisation de ses atouts physiques, et il n’est pas suffisamment bon jump-shooteur pour autant insister sur ces tirs extérieurs autant qu’il le fait. Il doit encore apprendre à mieux comprendre le jeu, et mieux sélectionner ses moments ainsi que le type de tir à prendre. Par exemple, pas long deux ou trois points lorsqu’il reste encore 25 secondes sur les 30 de la possession, alors que ce n’est pas forcément sa force de tirer en sortie de dribble.

Comme pour pas mal de prospects actuellement, la suite de sa carrière dépendra directement de l’évolution de son jump-shot. Il reste la possibilité qu’Isaac compense ailleurs, à la manière d’Antetokoumpo, mais le Grec y parvient parce que ses mensurations physiques sont trois ou quatre mondes au-dessus de la moyenne. Isaac est « juste » très grand et très long, mais pas suffisamment pour complètement déranger tous les repères de placement défensif et de positionnement des défenseurs comme Antetokoumpo le fait. Et puis, Isaac n’est pas aussi explosif.

Difficile de le voir donc devenir un joueur majeur en NBA sans un bon jump-shot, et uniquement au moyen de scoring intérieur comme le joueur des Bucks. Le bon point, c’est qu’Isaac semble partir d’un peu plus haut, même s’il faut aussi se rappeler que Antetokoumpo tourne à un très respectable 34% de réussite à trois points (35% pour Isaac) pendant son année rookie avant de ne plus retrouver la mire.

Pour Isaac, c’est particulièrement le tir en sortie de dribble qui demeure l’inconnue de l’équation, ou en tout cas celle qui a le plus d’influence sur le résultat final. Si parvient à bien se créer son propre tir, c’est jackpot. S’il n’y arrive pas, il sera limité à du catch & shoot en tant que rôle player très discret. S’il y arrive un peu mais pas assez, Isaac pourrait rentrer dans un rôle de couteau suisse capable d’un peu tout faire assez bien, à la manière d’Antetokoumpo chez les Bucks à ses débuts, ou le Kawhi Leonard en mode role player de ses premières années (celui qui gagne le MVP des Finales 2014, et d’avant même, pas le monstre calibré MVP d’actuellement).

Son scoring intérieur, justement, est assez intéressant mais pas tout à fait excellent. Le bon point, c’est qu’il fait pleins de choses assez bien. Le mauvais, c’est qu’il n’en fait aucune très bien. Comme le Leonard d’il y a quelques années.

Le jeu en pénétration notamment est celui où l’on reste un peu sur notre faim le concernant. Par rapport à ses qualités physiques et sa capacité à jouer au large, et par rapport à ce que les rapports de scouts disaient de lui dans ses années lycée, Isaac a finalement très peu tenté d’attaquer le cercle balle en main.

D’une part, il conserve toujours un potentiel, qu’il a d’ailleurs fait voir par petites bribes sur de rares fulgurances. Son contrôle du corps est assez bon, et il arrive à enchaîner de très grandes enjambées pour se rendre au panier. Il n’est pas superbement fluide, mais il demeure toute de même assez agile pour sa taille, avec un assez bon dribble. Positionné en stretch 4, il lui « suffit » d’un peu améliorer sa palette technique pour pouvoir se rendre au cercle à volonté, étant donné que les intérieurs qu’il devra affronter sera en théorie plus lents. Cela dit, vu l’évolution de la ligue, ce n’est pas acté que d’ici 5 ans toutes les équipes n’auront pas leur propre stretch 4 plutôt que deux vrais intérieurs lents, annihilant de ce fait ce petit avantage.

Il ne possède pas de variation du tout dans son jeu, ou alors vraiment très peu. Apprendre à changer de direction, voire de vitesse, pourrait grandement l’aider à s’ouvrir un chemin jusqu’à l’arceau plus fréquemment. Également, Isaac a montré quelques limites assez claires en termes d’explosivité, notamment au démarrage. Son premier pas n’est pas apparu assez bon pour faire la différence et dépasser le défenseur, qui arrivait très bien à se placer à temps pour le stopper. Sans non plus espérer qu’il acquière une vitesse de propulsion d’élite, Isaac pourrait néanmoins faire des progrès très concrets de manière assez rapide en améliorant sa technique sur premier pas (son placement d’appuis, orientation, etc) et exploiter la longueur de ses jambes qui, même sans être explosives, peuvent lui permettre de réaliser de plus grandes enjambées dès le début du drive pour distancer le défenseur.

Au-delà de ça se pose la question de sa mentalité. Isaac a eu un rôle limité mais ce serait incorrect de dire qu’il a été sevré de ballons, et qu’il n’ pas eu d’opportunités pour briller sur du drive. Au contraire, il n’a pas su faire les bons choix les fois où il héritait de la gonfle, et préférait prendre de longs tirs dans le périmètre plutôt que de s’essayer à driver. En somme ce n’est pas juste sur l’aspect technique de la chose qu’il doit progresser, mais aussi dans sa façon d’aborder les situations, et dans sa mentalité en elle-même.

En ce qui concerne le scoring intérieur venant ailleurs que sur du drive, Isaac est un très bon scoreur en catch & finish, à la manière d’un intérieur classique. Il n’est pas très explosif, mais il l’est suffisamment (dans la verticalité) pour jouer au-dessus du cercle, ses grands bras et sa grande taille compensant également beaucoup. Ce surplus de qualité de finition au cercle, cette capacité à avoir des tirs de très grande réussite (des dunks) lui donne un plus non négligeable pour le poste 4.

Le plus impressionnant sur ces paniers faciles en catch & finish n’est néanmoins pas le fait qu’il arrive à jouer au-dessus du cercle, mais bien son sens du placement sous le cercle, ses bons instincts pour bouger sans le ballon en fonction de où est la gonfle et de combler l’espace vide qui créé le tir facile. Il sait se rendre disponible sous le cercle très régulièrement et de belle manière. Plus encore, ses déplacements sans ballon sont excellents eux aussi, et il n’hésite pas à couper depuis le périmètre vers le cercle avec un très bon timing.

Toujours sans la balle, Isaac se montre aussi performant pour récupérer des rebonds offensifs. En en gobant 2.6/40min, Isaac est quantitativement loin d’afficher des chiffres d’élite (à la Julius Randle d’il y a quelques saisons par exemple) mais impressionne surtout de par la manière. Là encore, il bouge bien sans la balle, s’infiltre dans les espaces dans le dos de la défense, se dégage de l’espace sous le cercle et même s’il n’est pas arrivé à complètement bousculer son vis-à-vis ou à prendre la position préférentielle, ses longs bras finissent le travail et aspirent le ballon avant que d’autres n’aient eu la chance de l’avoir.

En ce qui concerne le jeu au poste, Isaac s’y est extrêmement peu frotté, comme on pouvait s’y attendre d’un joueur étant 4e ou 5e dans la hiérarchie de son équipe, et étant assez frêle. Néanmoins, il conserve un excellent potentiel dans ce domaine du jeu, du moment qu’il aura acquis une meilleure base musculaire. Il peut tout a fait développer un face-up game très intéressat (face au panier plutôt que dos au panier), et son turnaround jumper autant que son face-up jumper peuvent à terme s’avérer d’excellentes armes tant il relâche le ballon haut, sans qu’il puisse être contesté.

De manière générale, Isaac est un joueur agressif. Pas forcément encore dans sa mentalité globale et dans ses choix shoot/drive/passe, mais une fois qu’il est effectivement dans la peinture et qu’il cherche à scorer, Isaac joue de manière très dure et très déterminée. Il tente très souvent de monter au dunk, autant que possible, pour finir les actions, même si des défenseurs sont en position pour le bousculer. Il ne refuse pas du tout le contact au cercle, et n’est pas effrayé par les autres joueurs prêts à lui mener la vie dure. C’est une excellente attitude pour un intérieur appelé à beaucoup jouer le catch & finish, et une vraie qualité que ses chiffes assez peu élevés du fait de son rôle (5.6/40min) ne reflètent pas vraiment.

En ce qui concerne le playmaking, Issac n’est pas exactement un très bon joueur.

En 32 matchs universitaires, il n’a réussi que 37 passes décisives. Assez peu, voire même très peu. Il convient toutefois de nuancer ce faible total avec son rôle, tout aussi petit et limité. Isaac n’était que la 4e ou 5e option d’équipe lorsqu’il était sur le terrain, et ne se voyait jamais confié la responsabilité de créer quoi que ce soit pour autrui. Ses seules occasions de délivrer des passes décisives étaient donc les petites miettes qu’il ramassait de temps en temps.





Isaac s’est montré assez altruiste pour faire bouger la balle dans les systèmes de jeu et trouver l’ouverture évidente. Il a su assez régulièrement réaliser la passe simple qui s’imposait dans le jeu, ou faire la passe supplémentaire vers un joueur ouvert. Pas en grande quantité, mais un peu quand même.

Sa vision de jeu n’est pas franchement apparue bonne, a fortiori pour sa taille. Mais elle ne semble pas mauvaise pour autant, et à ce stade de son développement pourrait même être étiquetée comme intéressante. Au-delà même du fait de voir la passe à faire, c’est sa capacité à passer par-dessus les défenses et les défenseurs (du fait de ses grandes mensurations) qui semble assez intéressante. Plus encore, par minuscules bribes, on a pu le voir réaliser une belle passe en sortie de dribble, mais dans des proportions tellement petites qu’il est difficile de dire qu’Isaac est réellement capable de pouvoir répéter ça a volonté.

Clairement, Isaac est très loin du potentiel de point forward, ou même de celui du small ball 4 capable de créer du jeu (à la Draymond Green, Blake Griffin). Mais cela ne veut pas dire que c’est inateignable. Idéalement, c’est même ce qu’il pourrait devenir dans le meilleur des scénarii où son développement se passe à merveille (devenir un Green ou un Griffin du pauvre est déjà très bien).

Néanmoins, cela passera d’abord et avant tout par des progrès très conséquents dans la lecture du jeu. A l’heure actuelle, Isaac ne lit pas bien les défenses, il n’anticipe pas ou ne voit pas les rotations qui s’effectuent et commet encore pas mal d’erreurs. Son playmaking n’est d’ailleurs pas très rentable (1.2 passe pour 1.5 perte de balle par rencontre), et pour chaque bonne action on retrouve une très mauvaise

La défense est sans aucun doute un des domaines du jeu où Isaac fait le plus saliver décideurs et observateurs.

Sa combinaison de taille/longueur et rapidité en font tout simplement le prototype parfait du défenseur intérieur moderne : suffisamment rapide pour exceller sur Pick & Roll, et lorsqu’il change sur des arrières dans le périmètre, tout en étant largement assez grand et imposant pour protéger le cercle. A terme, Isaac peut devenir ce genre de double menace ultime à la manière du Chris Bosh d’il y a quelques années, ou mieux encore (pour prendre un exemple actuel) de Draymond Green.

Il convient toutefois de nuancer ce propos. On parle ici du potentiel maximum du joueur, dans le cas où Isaac complète son développement autant que possible. Néanmoins, il n’a évidemment pas le niveau de Green actuellement mais juste les atouts similaires pour éventuellement un jour faire aussi bien. Il a encore pas mal de progrès à faire pour atteindre un grand niveau de jeu chez les pros, et comme pour son jeu offensif, les doutes quant à l’accomplissement de ce potentiel ne sont pas à omettre.

Dans le périmètre, Isaac peut réellement devenir un atout de choix. Sa vitesse latérale est très bonne, et lorsqu’on ajoute à l’équation sa grande taille et ses très longues jambes, il peut alors couvrir une grande quantité de terrain rapidement. Ainsi, il arrive bien à rester en face de son vis-à-vis sur les isolations, et à ne pas se faire mettre dans le vent.

Sur Pick & Roll, il utilise ces mêmes atouts pour performer. Il est très à l’aise pour coulisser latéralement et contenir les pénétrations si son coéquipier est pris dans l’écran, mais aussi et surtout, Isaac peut switcher sans problème sur les écrans. Il a montré à Florida State être capable de tenir son rang lorsqu’il devait changer sur des plus petits arrières ou meneurs de jeu universitaire, là encore bougeant bien ses appuis pour être en parfaite position et ne pas se laisser déborder.

Egalement, Isaac possède une énorme envergure de bras (7’1), qui lui permet de contester les tirs de manière très efficace. A titre de comparaison, ses bras son plus longs que ceux d’ailiers NBA tels que LeBron James, Paul George, plus que certains ailiers forts ou pivots même (Al Horford, Kevin Love, Blake Griffin, etc). En fait, Isaac possède la même envergure que Draymond Green, tout en étant plus grand que lui. Potentiellement, s’il arrive à être un bon défenseur chez les pros et s’il maîtrise l’art de la défense NBA, Isaac peut représenter à terme un obstacle encore plus grand, long et imposant dans le périmètre, et donc un obstacle d’autant plus difficile à contourner. Ses bras tentaculaires l’aident à occuper plus d’espace, et à gêner, voire contrer, les tirs adverses.

Néanmoins, Isaac n’est pour l’instant pas de tout reproche dans sa défense sur l’homme.

Sa vitesse latérale est bonne, mais pas non plus excellente. De ce fait, si Isaac devrait être assez rapide pour s’occuper de small ball 4, certaines inquiétudes peuvent exister quant à sa capacité à défendre des ailiers purs ou des arrières sur la totalité d’un match, d’une saison ou de sa carrière. A l’occasion, il peut, mais peut-être pas tout le temps. Isaac semble en fait un peu trop rigide dans sa posture défensive, pas extrêmement à l’aise dans ses mouvements ou en tout cas pas au point de bondir de manière explosive d’un côté ou de l’autre du terrain.

L’aspect purement athlétique (l’aspect intangible donc) n’est cependant pas le seul expliquant ses erreurs, ou les possessions défensives où il se faisait effectivement déborder par l’attaquant. Comme quasiment tout jeune joueur, Isaac peut encore largement améliorer sa technique, à savoir son positionnement par rapport au ballon et à l’adversaire, l’orientation de ses appuis, les angles à ouvrir ou fermer, le contrôle sur les closeouts, et tout un tas d’autres détails défensifs qui s’apprennent à force de concentration et de travail. Isaac commet d’ailleurs pas mal de fautes largement évitables dues à son indiscipline et à son manque de rigueur, de savoir-faire.

Néanmoins, il convient de s’interroger sur le mélange final : être un défenseur plus appliqué et tout simplement meilleur dans ce qu’il fait peut-il compenser ce qui semble être un petit déficit athlétique ? On pourrait même étendre cette réflexion avec la question suivante : est-ce vraiment que Isaac est très rapide latéralement, ou ses très grandes jambes qui lui permettent de couvrir beaucoup de terrain ne compensaient pas également et/ou n’étaient pas à l’origine de ses bons déplacements défensifs ? En caricaturant très grossièrement, il a des jambes tellement grandes qu’il lui suffit juste d’être un peu rapide pour arriver à bien couvrir la quantité de terrain nécessaire pour s’interposer devant l’attaquant.

Autant de questions dont on ne connaît pas la réponse, mais qui sont pourtant cruciales. Dans une ligue où le small ball connaît une croissance à la fois immense et surtout sans limite, les stretch four d’avant deviennent les pivots d’aujourd’hui et les ailiers d’avant sont les nouveaux ailiers forts. Autrement dit, peut-être que même sur le poste 4 Isaac aura la tâche de défendre des joueurs très rapides, parce qu’ils sont poste 3  de formation. Et toute la question est de savoir si Isaac est assez rapide (et fluide dans ses mouvements) pour contenir des LeBron, George, Durant, Leonard, et autres.

Ces questions sont d’autant plus légitimes qu’Isaac a prouvé être capable de tenir son rang sur isolation et Pick & Roll seulement face à des athlètes universitaires. Or, ceux de la grande ligue sont d’une toute autre dimension. Ils sont bien plus explosifs, rapides, mais aussi meilleurs pour exploiter le peu d’espace qu’ils ont à disposition. Au-delà des isolations face à des poste 3 rapides, Isaac pourra-t-il toujours perforer sur P&R face aux explosifs meneurs de NBA ? Est-il suffisamment rapide pour couvrir les pénétrations des quasiment 30 meneurs de très haut niveau qui constituent les 30 franchises NBA ? Sans aller jusqu’à dire qu’il en est incapable, le fait qu’il n’ait performé que contre des athlètes moyens et qu’il n’est pas apparu aussi rapide que souhaité laisse au grand minimum de la place pour se poser la question.

D’autant que, sur P&R notamment, Isaac a montré quelques difficultés. Il peut en théorie défendre les deux positions, et peut être qu’à terme il pourra le faire également. Mais il est apparu bien moins à son aise pour défendre en tant qu’extérieur, défendre le porteur de balle plutôt que le poseur d’écran. Il ne descend pas bien sur ses appuis et/ou n’anticipe pas bien les écrans, et ne peut alors pas bien les négocier. Et ce, même face aux joueurs NCAA. Peut-être un indice supplémentaire qui pousserait à le faire jouer ailier fort plutôt qu’ailier une fois en NBA.

Surtout que les deux autres domaines de la défense (le rebond et la défense sans ballon) sont des aspects du jeu sur lesquels on attend plutôt les intérieurs. Et là-dessus, Isaac a montré de très belles promesses.

D’abord et avant tout, Isaac est un bon protecteur du cercle, qui possède même le potentiel pour devenir carrément excellent dans le domaine. Quelque chose d’on ne peut plus appréciable chez un ailier fort : Draymond Green actuellement, Kevin Durant (dès les playoffs 2016 et encore plus cette année) ou LeBron James (particulièrement à Miami).

Au-delà de ses énormes bras, de sa bonne taille et même de sa bonne vivacité pour un intérieur, Isaac impressionne particulièrement pour ses acquis et son bon savoir-faire basketballistique. Son timing est notamment réellement excellent pour un joueur aussi jeune, et pratiquement tout le temps il parvient à sauter pile en même temps que l’attaquant pour contrer le tir. Isaac sait même d’ores et déjà très bien utiliser toute sa longueur pour contester les tirs très proprement, en utilisant le principe de verticalité au cercle.

Le défaut de cette qualité, c’est qu’il est justement parfois trop tendre, et pourrait se montrer beaucoup plus agressif dans sa protection du cercle. En effet, il se contente parfois de se jeter dans les airs pour représenter un obstacle bien vertical, mais même au niveau universitaire on l’a vu se faire bouger dans les airs. Même par des meneurs. Quelques kilos de muscles supplémentaires, et une attitude plus agressive devrait en toute logique corriger cela.

Du reste, sa défense collective est très logiquement imparfaite. Isaac manque tout simplement de savoir faire et d’expérience (notamment, apprendre à réaliser la rotation défensive jusqu’au bout et à complètement ferme l’angle à l’attaquant). Il commet quelques petites erreurs d’inattention, mais pas au point de s’inquiéter outre mesure. Il aura forcément besoin d’un temps d’adaptation au jeu NBA, surtout à la vitesse du jeu, et devrait ne pas tout voir tout le temps dès ses premiers pas dans la grande ligue. Mais en termes de quantité, Isaac s’est très peu de fois retrouvé perdu au sein de la défense, ce qui laisse croire qu’il n’y a pas de quoi se faire trop de soucis.

Isaac est également déjà un bon rebondeur, fort de ses 12 prises/40min, mais fort aussi et surtout des qualités qu’il a montrées pour aller chercher tous ces ballons.

En premier lieu, ce sont ses qualités physiques qui en font un excellent rebondeur. Isaac est capable d’aller chercher des ballons extrêmement haut, à leur plus haut point après qu’ils aient ricoché sur le cercle, et peut alors s’emparer de la gonfle avant même que les joueurs autour n’ait une chance de l’attraper. Son radius de rebond est vraiment énorme (il peut gober des ballons qui se trouvent loin de lui, du fait de ses très longs bras) et s’impose très régulièrement dans le trafic au milieu de plusieurs joueurs.

En second lieu, Isaac est aussi un rebondeur attentif, et enclin à poser de bons boxouts sur ses adversaires afin de conserver la position préférentielle. Sa technique de boxout n’est pourtant pas très bonne, et il manque de puissance, a foriori pour le monde plus bodybuildé de la NBA, mais il se bat avec une belle agressivité dans ce domaine, et ses grandes mensurations en font une présence suffisamment imposante.

Un domaine où Isaac est peut être un peu décevant est le playmaking défensif. Avec ses longs bras on pourrait justement s’attendre à ce qu’il fasse mieux que son 1.8 int/40min. Il vole la majorité de ces ballons lorsqu’il défend sur l’homme, en utilisant ses bras pour atteindre la zone de confort et de dribble de l’adversaire. En revanche, Isaac ne joue pas ou presque pas sur les lignes de passes malgré son envergure de bras on ne peut plus adapté. Il manque de toute évidence d’anticipation et d’instincts pour jaillir sur les trajectoires des passes adverses, et ainsi impacter le jeu en volant des ballons de manière régulière.

Au final, son profil de jeu défensif est extrêmement intéressant et très complet. Quelques doutes subsistent quant à la vraie valeur de sa vitesse latérale, mais dans l’ensemble il devrait tout de même impacter le jeu et faire sentir sa présence dans le périmètre tout en s’avérant une présence intérieur suffisamment bonne. Dans le meilleur des cas, Isaac devient le défenseur moderne ultra complet à la Draymond Green, capable de défendre aussi bien le cercle que le Pick & Roll, tout en pouvant changer sur les arrières. Et c’est sans doute ça que les GM’s rêvent tous d’avoir.

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L’un dans l’autre, il est facile pourquoi les GM’s sont autant partagés à son sujet. Certains mettrons l’accent un peu plus sur le potentiel important et le talent bien présent, d’autres pointeront du doigt ses grosses lacunes et les limites qu’il semble avoir. Au final, ces défauts et inquiétudes viennent très nettement refroidir les avis très chauds à son propos qui se concentrent sur ce qu’il pourrait devenir, et donne ainsi un sentiment général très tiède à son sujet.

De toute évidence, Isaac a du talent, et une combinaison d’atouts basketballistiques s’accordant de très belle façon avec ses atouts physiques. Un grand qui peut être un défenseur ultra complet tout en jouant balle en main, c’est évident que n’importe qui serait intéressé sur le papier. S’il y a une chance d’avoir une version similaire à Kevin Durant, évidemment que beaucoup (si ce n’est tous) la prendront cette chance. Le résultat final est tellement précieux dans cette nouvelle NBA sans postes et où il faut réunir le meilleur de beaucoup de mondes différents.

La projection est on ne peut plus alléchante, et même si on n’a pas Kevin Durant, ou même un joueur dominant, avoir un couteau suisse en second ou troisième couteau, un ailier fort qui défend le périmètre, protège le cercle et score entre 15 et 20 points par match, c’est un cocktail très précieux, donc très cher. Donc, une potentielle place très haute à la draft.

Le problème, il est très concret : Jonathan Isaac est-il capable d’exploiter ce potentiel ? Est-il réellement apte à devenir le joueur qu’on pense qu’il peut devenir, et mieux encore : va-t-il le faire ? C’est là que le soufflet retombe, de manière assez conséquente.

Sur le papier, Isaac peut apporter énormément de choses dans énormément de domaines différents du jeu. En théorie, c’est un de tous meilleurs talents de cette draft, puisque à niveau de développement égal entre tous les prospects de cette année, le Isaac ultra complet défensivement et très polyvalent offensivement est un meilleur joueur que pas mal d’autres prospects de cette année, qu’un Lonzo Ball meneur-shooteur accompli, qu’un De’Aaron Fox ou Dennis Smith, qu’un Josh Jackson ou qu’un Jayson Tatum. A développement égal, il peut faire plus, il peut apporter plus.

Mais de deux choses l’une : en vrai il n’y a pas de monde parallèle où on peut mettre tous les prospects dans une machine à laver, programmer « développement égal pour tous », faire tourner et voir lequel est meilleur quand on essore. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de la draft, faire les bons choix, arriver à deviner qui arrivera à se développer chez les pros et qui n’y arrivera pas, qui fera un grand joueur et qui stagnera dans un rôle décevant. En un sens, une équipe s’en fichera de ce que Isaac peut devenir sur le papier si elle est persuadé qu’il ne pourra pas le devenir. Elle préférera un Josh Jackson en valeur sûre plutôt qu’un Isaac potentiellement meilleur mais qui n’atteindra jamais ce potentiel. Première chose.

La seconde, c’est qu’il y a aussi une raison pour laquelle on attend Isaac aussi bas malgré son talent. Il n’a tout simplement pas montré assez. Si nous avons quatre aussi gros prospects sur le poste de meneur de jeu cette année (en plus de Ntilikina) c’est parce que les quatre ont performé au niveau universitaire, ils ont été bons et ils ont montré de belles choses. Isaac, lui, à montré des choses, mais peut-être pas suffisamment. S’il avait été dans les standards d’un Jayson Tatum par exemple, dans un rôle plus important et capable de produire beaucoup plus, si il avait tourné à 17 pts/m plutôt qu’à seulement 12, s’il avait réussi à plus s’imposer dans une équipe de Florida State composée de joueur dont le talent ne lui arrive pas à la cheville, peut-être Isaac aurait-il été projeté plus haut dans les mock draft. Mais ce n’est pas le cas.

Un aspect primordial à tout cela que nous n’avons pas encore abordé, c’est sa mentalité générale. Isaac ne semble pas être un mort de faim, il ne semble pas être animé d’un désir de vaincre, de progresser, d’être le meilleur. C’est au contraire un garçon très lisse, presque timide (sur le terrain), qui fait ce qu’on lui dit mais ne cherche pas forcément à faire plus. Un peu le même reproche fait à Andrew Wiggins au moment de sa draft. Or, c’est souvent négligé, mais ce désir, cette envie profonde d’être bon est absolument capitale dans l’évolution d’un prospect. Aucun grand joueur actuel (ou d’avant) n’est ce genre de gars à la cool, qui semble presque juste content d’être là. Les Draymond Green, les Giannis Antetokoumpo, les Stephen Curry, les Jimmy Butler, les Russell Westbrook, les Isaiah Thomas, pour ne citer que les progressions les plus spectaculaires de ces dernières années, ils ont tous cette attitude. Tout comme ceux qui étaient déjà attendu très haut et ont répondu favorablement (LeBron, Durant, Irving, Towns, et autres très hauts choix de draft).

Or, Isaac ne semble pas fait dans ce moule. Ca ne veut pas dire qu’il ne peut pas progresser, mais en l’état, puisqu’on ne peut juger que sur les faits et pas partir en conjectures improbables, Isaac n’est pas de cette trempe. Ou en tout cas il ne le montre pas, c’est possible aussi (Kawhi Leonard, vous vous souvenez de lui en 2011 ?), mais c’est sans doute ce qui refroidit certains décideurs à son égard.

Si tout au mieux il peut devenir un couteau suisse intéressant mais sans être dominant, les GM’s titulaires des premiers choix de draft ne vont pas se tourner vers lui. En revanche, en fin de top 10, où la valeur des picks est intrinsèquement moins grande et qu’il y a moins de joueur à très fort potentiel disponibles, c’est un pari qui se tente très facilement. C’est sans doute ce qui va se passer le soir du 22 Juin, bien qu’on ne soit pas à l’abri d’une suprise et d’un GM dans le top 5 tombé amoureux de son talent et prêt à prendre des risques.

Isaac ressemble en fait énormément à Brandon Ingram. Comme Isaac, Ingram a essuyé pas mal de critiques l’an dernier quant à son attitude et à sa mentalité un peu trop en retrait et pas assez mort de faim. Ingram aussi présentait d’ailleurs ce combo d’énormes qualités physiques et de qualités basket dignes d’un arrière. A la différence qu’Igram était tout de même meilleur, intrinsèquement (bien plus à l’aise balle en main, meilleur shooteur) et produisait déjà plus, dans une excellente équipe de Duke en plus.

Comme pour Ingram, la probabilité qu’Isaac deviennent la star qu’il peut être est faible, autant que la probabilité qu’il devienne un bust complet (pour Isaac, c’est tout de même un peu plus probable cela dit). Le scénario qui a le plus de chance d’arriver, c’est qu’Isaac tape entre les deux. Qu’il devienne un très bon joueur, sans devenir la réincarnation de Kevin Durant non plus. Qu’il soit un joueur offensif correct et apporte beaucoup en défense. Et pour une équipe comme Minnesota, qui possède déjà ses scoreurs et son go-to-guy, avoir un simple rôle player défensif qui apporte un peu en attaque de temps en temps, c’est largement satisfaisant. Ailleurs, dans un rôle moins cadré et peut être plus d’attente, les possibilités de carrière sont bien plus aléatoires. Rendez vous dans dix ans pour le bilan.

 

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