[Interview] Nicolas Batum : « Je n’ai dit que des bonnes choses sur Evan Fournier »

[Interview] Nicolas Batum : « Je n’ai dit que des bonnes choses sur Evan Fournier »

La saison NBA est terminée mais pour les bleus de l’équipe de France, dont Nicolas Batum, elle ne l’est pas. Absent lors de l’Eurobasket 2017, l’ailier ne voulait surtout pas manquer cette fenêtre de qualifications avec deux matchs en Russie et en Bosnie-Herzégovine. Il a évoqué à notre micro ce retour et parlé aussi NBA.

Bonjour Nicolas, te voici de retour en équipe de France après deux ans d’absence, ça t’avait manqué ?

Oui bien sûr, j’ai eu Vincent Collet pendant les deux dernières saison, avant l’Euro, pendant l’Euro, après l’Euro, on est toujours en constante communication, on continue à se parler pendant les fenêtres internationales. Le fait d’avoir été rappelé, de retrouver le groupe et la vie en Bleu, les règles, c’est cool de retrouver tout ça.

Ca fait plaisir de retrouver ce maillot ?

Bien sûr ! Je le porte depuis que j’ai 14/15 ans et ça a toujours été une fierté de porter ce maillot. Même si l’été dernier j’ai fait une pause, ça ne change rien à l’amour que j’ai pour ce maillot bleu.

Ce n’était pas trop compliqué de regarder les matches à la télévision pendant la saison ?

C’est assez particulier. On est loin, on ne peut rien faire mais on a confiance. On sait qu’ils ont fait le boulot, on savait qu’il y avait des bons joueurs et qu’on a un énorme réservoir de joueurs alors que d’autres n’ont pas cette chance-là. Certains pays sont en grande difficulté pour se qualifier pour la Coupe du monde à cause de cela. Nous on a la chance d’avoir un gros réservoir de joueurs qui ont accepté le challenge, qui ont accepté l’objectif. Ca montre que les 44 joueurs qui ont signé la charte l’année dernière sont impliqués et prêts à tout pour que cette équipe de France aille en Chine.

Est-ce que ce n’est pas un peu frustrant de ne revenir que pour deux matches ?

Ce système a été suffisamment commenté, je ne vais pas en rajouter une couche même si je l’ai déjà fait. Oui, en équipe de France on a l’habitude de partir sur tout un été, là ça sera 10 jours. C’est particulier mais il faut faire avec.

Quel est ton sentiment par rapport aux joueurs qui étaient présents pendant les fenêtres précédentes et qui ne feront pas la Coupe du monde en cas de qualification ?

C’est une question qu’il faut poser aux gens de la FIBA. C’est injuste pour eux. C’est injuste pour des équipes comme nous qui ne peuvent pas faire toutes les fenêtres internationales. On a la chance d’avoir des joueurs qui ont une bonne mentalité.

Le fait de faire un break, est-ce que ça ne permet pas non plus de prendre du recul, de se reposer et de revenir avec une approche plus neuve ?

Oui, je pense que ça a été bien pour les deux parties que ce soit pour l’équipe, Vincent [Collet] ou pour moi aussi. Ca faisait 9 ans de suite que je venais en ne comptant que les A et ça permet de voir d’un point de vue extérieur ce que je pouvais faire différemment. On a beaucoup parlé avec Vincent, mon rôle va changer de bonne façon, c’est une bonne chose pour tout le monde je pense.

Tu vas être impliqué différemment ? Tu vas prendre plus de responsabilités ?

Oui, on va dire ça, mon rôle a un peu changé.

Face à la Russie, vous n’aviez gagné que d’un point, cette fois vous vous déplacez, comment vous l’abordez ?

On a le meilleur joueur de Russie déjà, c’est un sacré avantage (Nando De Colo, MVP de la VTB League). Ça va être un gros gros match, ils ont des joueurs qui reviennent comme Mozgov. Ça reste une grosse équipe, bien coachée qui sera à domicile. Ça sera peut-être l’occasion de finir à 6-0 si on fait le travail en Bosnie. Ça sera un gros match pour les deux équipes.

Il y a déjà une équipe bleue en Russie, pour tout le monde c’est objectif Coupe du monde ?

Oui ! Ca va se jouer là-bas pour les deux équipes, on les suit, on a regardé le match hier avant de partir à l’entraînement. C’est surtout l’occasion pour nous de bien terminer cette première phase de qualifications.

 

« Là j’ai l’impression de pouvoir me libérer »

Tu parles d’un rôle différent, peut-être une utilisation différente aussi et pourquoi pas au poste 4 ?

Ce qui va changer cette année, c’est que je vais être utilisé sur beaucoup plus de postes, c’est un ajustement qui peut être intéressant. Le basket évolue, mon rôle aussi. J’ai cette chance d’avoir cette polyvalence qui me permet de jouer aux postes 2, 3 et maintenant 4. Boris (Diaw) peut jouer en 5, je peux aussi jouer avec Rudy (Gobert) ou Vincent (Poirier), c’est une chose qu’on bosse depuis 3-4 jours et j’apprécie ce changement de statut. Je joue en 2, je joue en 3, je joue en 4, je ressors en 2. Je peux mener tout en étant 4, monter la balle et faire jouer 3 extérieurs autour. J’ai l’impression d’avoir plus de liberté, d’être moi-même et de pouvoir créer. C’est une chose où je me suis bloqué sur mes 3 dernières campagnes et là j’ai l’impression de pouvoir me libérer, surtout par rapport à l’équipe. Ce n’est pas une question de prendre 15 tirs de plus, là à l’entraînement je ne tire pas tant que ça, c’est surtout dans la création, le mouvement et la fluidité du jeu où je peux apporter.

C’est ça dont tu parlais quand tu disais avoir réfléchi sur l’équipe ?

Oui, je pense qu’il nous a manqué cette création en 2015 et 2016 et c’est là où je peux apporter. C’est là où j’ai sorti ma frustration après le quart de finale contre l’Espagne, j’étais frustré parce que je pouvais apporter ça et c’est ce qui nous manquait je pense en 2015 et 2016. On en a parlé avec Vincent et je pense que je peux apporter cette création en faisant des ajustements parce que c’est une des qualités dans mon jeu.

 

« Je pense qu’on n’a jamais vu ça en France »

Vous vous êtes parlés avec Rudy (Gobert) de revenir en équipe de France cet été, pendant la saison ?

On en parle tout le temps, avec Evan aussi. On a beaucoup parlé de l’Euro avec Evan d’ailleurs. On sait qu’on est dans une période de transition. Tony (Parker) n’est plus là Flo (Pietrus), n’est plus là, Mike Gelabale n’est plus là, Boris est toujours là. C’est une fin de cycle et une nouvelle ère qui commence. L’ancienne génération était très forte, là nous avons une génération très dense. Il y a énormément de joueurs qui peuvent prétendre à l’équipe de France. Quand on regarde notre secteur intérieur avec Gobert-Fall-Poirier, je pense qu’on n’a jamais vu ça en France. On a peut-être 3 des meilleurs défenseurs d’Europe à leur poste et ça peut être intimidant. C’est vraiment excitant ce nouveau challenge avec cette nouvelle équipe qui a un jeu différent. Si ça prend comme c’est parti, ça peut devenir vraiment intéressant.

Tony Parker se tient-il toujours au courant de ce qui se passe dans l’Equipe de France ?

On s’est vu dernièrement par rapport à ça. C’est quelqu’un qui est attaché, qui pose des questions, qui essaye de voir comment ça se passe. On s’est appelé hier soir par rapport à ça. On ne peut pas couper du jour au lendemain. Quand tu fais la moitié de ta vie là-bas, tu restes toujours intéressé par les résultats.

« Je suis bien physiquement »

Comment tu as vécu ta saison compliquée à Charlotte ?

Physiquement ça a été galère. J’avais fait un bon été de travail et en commençant la saison, rupture du ligament au coude, ça lance mal la saison. Ensuite, je suis revenu un mois et demi trop tôt, j’ai traîné ça pendant des mois, je me suis blessé au tendon d’Achille donc ça a été galère. Je me suis posé 4 jours à la fin de la saison, j’ai repris l’entraînement depuis et là je suis bien physiquement. Je me suis surpris à la reprise ici, et je suis pas mal dans le rythme. La compétition ça sera autre chose et il faudra probablement 2-3 minutes pour se mettre dans le bain en Bosnie mais sinon je vais bien.

Tu as suivi un programme particulier ?

Oui, j’étais en moyenne à 3 séances par jour. A Los Angeles jusqu’au 1er juin, un peu à Charlotte et en France depuis le 8 juin avec un assistant coach physique des Hornets.

Steve Clifford a été démis de ses fonctions, on sait qu’il t’appréciait beaucoup et qu’à chaque fois qu’il parlait de toi, c’était de manière assez dithyrambique, à quel point ça te touche et à quel point ça change pour toi ta situation à Charlotte ?

Steve m’a apporté énormément pendant 3 ans. Il m’a permis de me libérer, de jouer mon jeu et d’être moi-même en NBA. Cette année, c’était un peu galère parce que collectivement, physiquement et individuellement ça a été compliqué. Ce qui montre ses qualités, c’est justement qu’il se fasse engager 3 semaines plus tard. On en parlait avec Evan, il a de la chance d’avoir Steve pour le coacher.

Est-ce que Steve Clifford t’as posé des questions sur Evan Fournier ?

On en a parlé mais je n’ai dit que des bonnes choses sur Evan donc ça va.

Propos recueillis par Hugo Givernaud

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