[Podcast] Les Nets, une reconstruction pour quoi ?

[Podcast] Les Nets, une reconstruction pour quoi ?

Les Nets de Brooklyn sont une des équipes en forme du moment, à tel point que les hommes de Kenny Atkinson sont désormais bien installés dans la course aux playoffs à l’Est. Une reconstruction qui se passe pour le moment à merveille avec de jeunes prometteurs (Caris LeVert, D’Angelo Russell, Spencer Dinwiddie, Jarrett Allen, Rodion Kurucs) et l’équipe de l’Echo des Parquets a décidé d’en parler. Pour ça, retrouvez Antoine (@Tartrou), Nico (@StillBallinUnba) et Guillaume (@GuillaumeBInfos) derrière les micros

Vous pouvez également télécharger l’épisode ici  ou ici

N’hésitez pas à nous suivre sur Twitter (@LchoDes) pour avoir accès à toutes les informations, ou à retrouver l’émission sur iTunes

5 Comments

  1. Un podcast qui résume bien notre situation dans l'ensemble, très intéressant.

    Pour ce qui est de l'affection envers les Nets, perso ça a commencé en 2005-2006 (je m'intéressais pas au basket avant), donc j'ai pas connu la période finales, avec Kidd et Martin tout ça. Mais voilà, y avait d'autres atouts qui faisaient le charme de la franchise et clairement la fin de New Jersey est moche. Le déménagement à Brooklyn est une bonne chose pour moi. Déjà parce que les équipes "petits marchés" ont tendance à plus déménager, à perdre leur identité que d'autres et aussi parce que j'aime bien cette nouvelle identité. Et heureusement (oui), il y a eu ce flop avec Williams, Johnson et l'échange avec Boston. Cette période pour le coup, avant que ça foire, c'était peut-être celle où j'avais le moins d'intérêt pour les Nets (je dis pas non plus que j'avais prévu le désastre). Ca puait le préfabriqué, le superficiel, une identité forcée et je peux pas encadrer Garnett. Je me suis même surpris à penser que ça me dérangerait de voir (en cas de miracle) la franchise remporter le premier titre de son histoire avec des vieilles gloires d'autres franchises. Il y a peu de joueurs dans l'histoire des Nets qu'on assimile aux Nets justement. Kidd pas forcément (Dallas aussi), Carter (Toronto) pour citer les stars les plus récentes. Ca aurait sans doute été différent pour Williams et Johnson en cas de titre mais bon.

    Donc j'ai bien aimé ce départ à zéro. Je l'aime d'autant plus que je hais le tanking. J'ai pas envie de regarder une équipe qui tank. Du coup cette absence de choix de draft a un peu poussé Marks et Atkinson à essayer de gagner le plus possible. Pour moi c'est une façon qui peut être, si ce n'est aussi intéressante, tout à fait valable par rapport à la draft. Evidemment ça apporte pas de superstar en puissance, mais l'effectif s'habitue à une certaine exigence et puis y avait des émotions via le fond de jeu et les matches serrés. Aujourd'hui si Brooklyn gagne, c'est aussi parce que depuis le début de l'ère Atkinson ils ont poussé pour des matches serrés, ont perdu ces matches et en ont tiré des leçons. Une équipe qui tank prend peut-être du retard dans ce processus là. Et puis y a un mot qui revient beaucoup avec Marks et Atkinson c'est "culture". Je me suis tout de suite méfié de ce mot dans le contexte NBA, ça fait un peu formule accrocheuse, marketing. Un peu comme le "We Go Hard". Tout le monde a envie de jouer dur après tout. Mais jusque là, et j'en suis ravi, c'est pas du vent. L'idée héritée des Spurs de pas trop mettre son égo en avant, de se sacrifier pour l'équipe et la dureté, dans le sens ne rien lâcher jusqu'au bout, c'est du concret. Un collectif intéressant s'est établi, beaucoup de matches serrés, soit parce que les Nets craquent un peu vers la fin soit parce qu'ils s'accrochent, les matches à Houston et Orlando en sont juste les exemples les plus éclatants. (1/2)

  2. Ce qui me parait important aussi pour comprendre Brooklyn tactiquement, c'est le passé d'Atkinson dans le développement de joueurs. En effet l'attaque est simple (dans le bon sens du terme) et ce qui fait la différence, c'est l'interprétation des joueurs. En sortie d'écran, Harris peut tout à fait tirer ou attaquer le cercle, et il a tendance à faire les bons choix. Idem quand il feinte de sortir vers la ligne à trois points pour finalement coupé vers l'arceau. Et ça c'est plus ou moins le cas avec tous les joueurs, à des degrés divers. Ca explique aussi les progrès de Russell dans ses choix de passes. Ces interprétations multiples de situations simples viennent du développement de joueurs, de l'optimisation comme vous dites. Sans compter l'intelligence d'Atkinson qui a su se montrer flexible dans ses choix (l'utilisation de la Mover/Blocker quand Harris et/ou Crabbe et Napier sont sur le terrain, ils connaissent bien ce système, qui donne pas autant de spacing qu'une formation 1-4 pourtant. RHJ et Russell qui peuvent prendre des mi-distances…).

    Là où je vous trouve un peu plus dur, c'est sur le dribble de Russell et le potentiel de LeVert (là c'est peut-être mon optimisme qui parle). Je pense plus que Russell arrive pas à faire la différence par rapport à son explosivité qu'à son dribble. Parce que comme vous dites, dans ce domaine là il part de loin, très loin. De tellement loin que même un bon dribble peut pas le sauver, sauf quand il est lancé en transition. Ca et bien sûr sa finition au cercle, ce qui est sûrement la prochaine étape de son développement, si il veut être un grand joueur. Pour LeVert, je trouve qu'il a su, rapidement, développer une complicité avec Allen dans le drive & dish, même si c'est vrai qu'il peut être un peu hors de contrôle sur les drive & kick. Je pense qu'il peut vraiment améliorer son tir. Les stats le montre pas forcément, mais bon, il prend plus de tirs, à vérifier mais ça doit être moins en catch & shoot qu'avant. Et enfin sa défense, là je suis peut-être très optimiste, mais je le vois bien en two-way player. Sans doute notre meilleur pour naviguer à travers les écrans, à un bon niveau il me semble.

    1. Pour ce que tu dis sur Atkinson, cela fait penser au jeu prôné par Budenholzer : des circuits de passe établis qui amènent un cadre résultant souvent par une sélection de tir dans les zones intéressants. Mais cela ne reste qu'un cadre, les joueurs sont invités à prendre des initiatives selon ce que leur donne la défense. Bon, dis comme-ça, ça colle un peu à tous les coachs actuels mais disons que la teneur du cadre (simple, épuré, rythmé) et la liberté dans ce dernier (multiples options ouvertes, improvisation facile) sont sur des degrés divers suivant qui gère l'équipe.

      Après, c'est plus du Budenholzer version Atlanta que Milwaukke mais les Hawks comme les Nets n'ont pas les multiples porteurs de balle de qualité des Bucks, ni un effectif entier capable d'espacer le terrain.

      Pour le dribble de Russell, j'avoue peut-être avoir un biais visuel dans le sens où ce n'est pas si facile d'extraire une composante de multiples autres facteurs (athlétisme, taille, vision du jeu, défense rencontrée). Mais j'ai tendance à le trouver très haut sur ses drives, jamais vraiment incisifs, jamais vraiment dans l'accélération. Alors cela provient peut-être du manque de confiance dont parlait Guillaume & Nico. Genre sur les pick'n roll, on voit bien qu'il cherche avant tout à maximiser son tir et sa vision du jeu, il va souvent avoir tendance à faire un "snake" sur le pick'n roll en mode très patient. A ce titre là, je suis surpris que les défenses ne soient pas plus agressives le concernant, que ce soit sur des drop assez haut voir des hedges. Comme j'ai pas vu 36 matchs des Nets, j'ai peut-être manqué ce genre de séquences mais je crois qu'il peut clairement être exploité de cette manière.

  3. Pour résumer (et là mon optimisme crève le plafond), je crains un peu l'arrivée d'une superstar, si on en reste à ce niveau. Non pas qu'on a le potentiel d'une équipe qui va jouer le titre, mais qu'une superstar type Durant (dans une hypothèse fantaisiste) soit un frein à des joueurs comme LeVert et Russell (si il prolonge). Comme je le disais, y a vraiment cette idée d'optimiser le rendement de l'équipe par l'altruisme, des principes bien interprétés avec des joueurs qu'on a prit le temps de développer et qui dépassent les attentes. Je vais pas me plaindre de l'arrivée d'une star (sauf Jimmy Butler, qui me parait être l'anti-Nets de par sa façon d'agir et de jouer) mais voilà, voir Russell prolonger et un Tobias Harris au poste 4, ça me plairait bien. Dans l'idée d'avoir un collectif de bons joueurs et voir jusqu'où ils peuvent pousser. Evidemment le risque, c'est en effet de faire une Miami. En tout cas c'est cool d'écouter des gens qui ont un avis "extérieur" et qui sont un peu en dehors de cet optimisme qui règne autour de l'équipe ces temps-ci.

    (Vous enflammez pas, le podcast reste raté vu que vous n'avez pas parlé des fake hand-offs de Jared Dudley)

    1. J'ai tendance à penser que la patience du côté des Nets était plus circonstancielle que philosophique dû à la perte d'intérêt de Prokhorov en la franchise et l'attente de la prise de position de Tsai. Néanmoins, ça reste des spéculations.

      Après, quoi qu'il en soit, c'est un peu compliqué dans la NBA actuelle de miser sur une certaine continuité vu la faible durée des contrats. Tout en sachant que tôt ou tard, le salary cap va se remplir autrement que par des "salary dump". D'une certaine façon, cela reprend une discussion de la fin d'émission avec l'équilibre "flexibilité vs ambitions", il faudra sans doute choisir rapidement, même si ça ne sera sans doute pas complètement binaire.

Leave a Reply