Brandon Roy revient sur sa carrière : « Si j’avais plus joué dans la série contre Dallas, peut-être qu’on aurait pu gagner »

Brandon Roy revient sur sa carrière : « Si j’avais plus joué dans la série contre Dallas, peut-être qu’on aurait pu gagner »

La carrière de Brandon Roy n’a pas été ce qu’elle aurait pu être. Hyper élégant à voir jouer, efficace et surtout très fort, l’arrière avait tout pour être une star. Il ne lui manquait qu’une chose : des genoux. Au total, le sixième choix de la draft 2006 a subi six opérations, trois de chaque côté, sur cette partie du corps. À chaque fois, Roy revenait avec moins de cartilage, ce qui fait que durant sa cinquième et dernière saison avec les Blazers, en 2011, les os de l’arrière frottaient les uns contre les autres. Et en plus, le joueur ne se sentait pas vraiment à sa place. Il a donc pris sa retraite, à seulement 26 ans.

« Cette année-là, je sentais que mon histoire avec Portland était terminée. Pour certains ça peut être une surprise, mais ce n’était pas un secret pour ma famille et mes amis proches. Je ne me sentais pas bien, je ne savais pas comment ils allaient faire pour que je rejoue, je n’étais pas complémentaire avec les gars qui jouaient, et mon rôle n’était pas adapté pour moi. » Brandon Roy.

Pourtant, le natif de Seattle sortait d’une belle saison : 21,5 points de moyenne à 47% aux tirs, 4,4 rebonds et 4,7 passes décisives. All-Star et membre des All-NBA Teams, il a en plus réussi un comeback en playoffs, huit jours seulement après une opération au genou lors d’une Game 4 contre les Suns.

« Je me rappelais, on était à Toronto et je me sentais bizarre d’être aux côtés de l’équipe. Je ne dis pas ça méchamment, j’essaie juste d’exprimer ce que je ressentais à l’époque. J’étais le gars le plus payé du roster (82 millions sur 5 ans), je venais d’être All-Star et tout, mais la seule personne qui me parlait, c’était un entraîneur, Jay Jensen. Le jour suivant, je travaillais avec le staff et je me disais : « Mec, je ne sens pas que je fais partie de cette équipe. » Je ne dis pas que des gens essayaient de me pousser dehors, c’est juste qu’on crée des liens quand on va sur le terrain pendant les matchs, qu’on peut compter les uns sur les autres, se faire confiance. Et je ne faisais pas partie de ce lien. Est-ce que vous êtes déjà allé quelque part et vous vous êtes dit : « Le temps a passé, je ne suis plus à ma place ? » Bah c’était ça. » Brandon Roy.

Ce lien s’est peu à peu construit à son retour dans le groupe, mais son utilisation par le coach de l’époque, Nate McMillan, à savoir en sortie de banc et avec 20 minutes par match lors de 24 dernières rencontres de la saison, ne lui convenait pas.

« J’avais le sentiment que je pouvais plus aider l’équipe, jouer un plus gros rôle. Je ne veux pas que les gens prennent mal ce que je vais dire, mais je pense que si j’avais plus joué dans la série contre Dallas (en playoffs en 2011 ndlr), peut-être qu’on aurait pu gagner. J’ai toujours commencé les matchs lentement, je devais trouver mon rythme, ne pas forcer. L’équipe aurait pu mieux comprendre ça, me donner plus de minutes en première mi-temps et avoir confiance dans le fait que je pourrai sortir de ma boite au meilleur moment. Mais je voyais que je n’aurais pas cette opportunité. » Brandon Roy.

Le départ du General Manager Kevin Pritchard lors de l’été 2010 a fait beaucoup de mal à la relation entre les deux hommes.

« Nate et moi, on s’entendait bien sur le parquet, mais en dehors des terrains, on avait besoin de KP. Il nous a beaucoup aidés à construire notre relation. Je suis le genre de gars qui, quand je pars d’un match ou d’un entrainement, je pars vraiment. Pareil pour Nate. Mais KP voulait toujours nous rassembler, que l’on s’assoit et que l’on parle. On avait un nouveau General Manager, Rick Cho, et ça change beaucoup de choses dans un vestiaire. Je me rappelle que l’on a mangé ensemble un jour, et il me demandait de lui parler de Greg Oden et LaMarcus Aldridge, et comment on pourrait bosser le mieux possible avec eux. Il essayait de trouver des solutions, mais c’était compliqué. KP, il nous connaissait. Rich, non. Ça nous a séparés, Nate et moi. Ce n’est pas la faute de Rich, juste que c’était nos personnalités. » Brandon Roy.

Le moment le plus dur de cette saison, c’est certainement le match 2 de la série contre Dallas. L’arrière n’a joué que 8 minutes dans la défaite. De quoi le mettre au bord des larmes.

« C’est à ce moment que j’étais le plus blessé. J’avais le sentiment d’avoir plus à donner que ça… Beaucoup plus. Mais encore une fois ce n’est pas leur faute. Je dis toujours à mes enfants que même si parfois on est prêt, l’opportunité ne se présente pas. C’était le cas. Mais ça ne voulait pas dire que je n’avais pas mal. » Brandon Roy.

Il s’en est apparemment bien remis, puisque quelques jours plus tard seulement, l’arrière a sorti la meilleure performance de sa carrière, avec « seulement » 24 points, mais surtout 18 unités dans le dernier quart pour remonter un déficit de 23 points et finir par s’imposer 84 à 82.

« J’ai le sentiment que les Dieux du basket me félicitaient une dernière fois, me montraient leur respect. Je méritais ce dernier moment, j’avais ce sentiment. Pour la première fois de ma vie, je me laissais juste aller, je m’amusais. J’ai le sentiment que quelqu’un voulait que je vive ce moment. Même quand Jason Terry a tiré ce dernier shoot au buzzer, je savais qu’il n’allait pas rentrer. C’était mon moment. » Brandon Roy.

Et le dernier grand moment de sa carrière. Les Blazers vont finir par perdre la série, et les médecins arriver avec une mauvaise nouvelle : ses genoux ne pourraient plus supporter le rythme NBA. Il prend donc sa retraite, et est coupé quelques jours plus tard par Portland. Heureusement, les dirigeants avaient prévu le coup et mis une clause d’amnistie dans son contrat : ils lui ont donc payé le reste de son salaire, soit 63 millions de dollars, mais cette somme n’a pas compté dans le salary cap.

« Ça m’allait, c’est pour ça qu’ils avaient créé cette clause, pour des gars comme moi, blessé avec un gros contrat. Je comprends. » Brandon Roy.

L’arrière va bien tenter un petit comeback avec Minnesota un an plus tard, mais il ne jouera que cinq matchs. Au final, Roy n’aura joué que 326 matchs en NBA, pour des moyennes de 18,8 points, 4,3 rebonds et 4,7 passes décisives.

« Même quand on trouvait que je jouais très bien, j’avais mal. Je savais que je n’avais plus beaucoup de ces moments sous le capot, donc je devais aller les chercher. Certains disent que je n’aurais pas dû jouer certains matchs, mais personne ne savait ce que je traversais pour aller sur le terrain. Je me disais : « Mec, je n’ai plus beaucoup de matchs à jouer, ces moments sont les derniers qu’ils me restent et je veux les passer sur le terrain, pas en rééducation. Je peux me tromper, mais je m’endors la nuit en me disant que mes calculs étaient bons. » Brandon Roy.

Via The Athletic.

Vente Flash ! -50% sur le voyage à Boston : 2 affiches de rêve au TD Garden dont le retour de Kyrie Irving

Leave a Reply