[Interview] Nicolas Batum : « Un moment assez émouvant dans une carrière; Le public français le mérite »

[Interview] Nicolas Batum : « Un moment assez émouvant dans une carrière; Le public français le mérite »

Les Charlotte Hornets sont arrivés à Paris et hier il y a un joueur qui était particulièrement demandé par les médias, c’est Nicolas Batum ! L’ailier des Hornets est l’unique français participant au tout premier match de saison régulière NBA sur le sol français, et forcément c’est quelque chose de spécial.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être ici ? De finalement vivre quelque chose qui est historique, le premier match de saison régulière ici à Paris

C’est un moment assez émouvant dans une carrière. En tant que joueur non-Américain de faire un match NBA dans son propre pays c’est quand même assez particulier. C’est vrai que Tony [Parker] et Ronny [Turiaf] ont joué ces matchs-là, mais là c’est un match officiel et c’est la première fois que ça arrive en France. Je suis fier d’être le premier à faire ça.

L’AccorHotels Arena complet. Une communauté de fans qui vous attend. La NBA se mondialise et c’est ici à Paris.

C’est bien pour le public français, il est vrai que la NBA est très très populaire en France. Il y a beaucoup de joueurs français qui jouent en NBA. La ligue est très suivie aussi. C’est une bonne chose pour le public français qu’il y ait un match à Paris. J’espère que ça va être un rendez-vous assez régulier maintenant, les prochaines saisons, car le public français le mérite.

Un match NBA ici à Paris a marqué votre vie

Oui, c’est le tout premier match que j’ai vu, en 2003 quand les Spurs ont joué contre Memphis. J’avais 14 ans, j’étais tout en haut. 17 ans plus tard, être sur le terrain, c’est assez particulier, je me revois à 14 ans imaginant ça et c’est vrai qu’en faire partie, je me rends compte que j’ai fait un peu de chemin.

De voir tout l’engouement qu’il y a autour du championnat américain de la part des Français, ça vous surprend ?

Non pas forcement. On sait que la NBA devient de plus en plus populaire dans le monde entier. Ça dure depuis un moment, mais surtout en France, car on a beaucoup de joueurs français. Ça a commencé avec Tariq [Abdul-Wahad] et [Jérôme] Moïso à l’époque, mais c’est surtout grâce à Tony [Parker] et Boris [Diaw] qui ont vraiment popularisé le basket-ball français. Et puis il y a la génération suit derrière avec des joueurs comme Evan [Fournier], Rudy [Gobert], Sekou [Doumbouya] et Frank [Ntilikina]. On essaie vraiment de porter haut les couleurs de la France aux US et de le faire fièrement.

Ça ne sera pas un match comme les autres

Non, c’est sûr que ça va être un match particulier, je vais avoir plein de famille. C’est à domicile, j’ai déjà joué un match dans cette salle-là, mais pas comme ça.

Les autres joueurs des Hornets sont contents de venir à Paris ?

Oui, ils sont tous contents d’être là. Ils prenaient tous des photos de la Tour Eiffel alors qu’on est resté que 20 minutes, ils me posent beaucoup de questions. C’est aussi cool de venir aussi.

Charlotte est dans une dynamique compliquée, c’est intéressant dans ces conditions de venir jouer à Paris ?

Oui, c’est un moyen de se regrouper et de se retrouver, ça peut apporter une nouvelle excitation pour le match de vendredi.

C’est un match important face à la meilleure équipe de la ligue ?

Ce n’est pas un match facile, mais c’est bien que la France voit ce genre de joueur en personne. C’est quelqu’un qui est en train de marquer l’Histoire […] on a rarement vu des joueurs comme lui avec son physique.

Vous parliez de Giannis qui est un joueur que le public aime voir jouer. Comment vous le définiriez ?

Pour sa taille, ce qu’il réalise, c’est assez unique. Il révolutionne un jeu sans position. Il est juste sur le terrain, c’est un joueur de basket. Il est en train de devenir plus fiable avec son shoot donc ça va devenir une machine inarrêtable bientôt. C’est le MVP pour l’instant cette année pour moi !

Comment prépare-t-on un match comme celui-ci contre une des meilleures équipes de la NBA ?

On les scoute, on le prépare comme une équipe « normale ». Ça reste un match de saison régulière à jouer. Après comment arrêter Giannis ? Ça fait deux ans que personne n’a la réponse. Ce sera à nous de le limiter et de faire en sorte qu’il n’ait pas trop une grande soirée.

Propos recueillis par Hugo Givernaud à Paris

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