NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets : N°1, Cleveland Cavaliers
L’équipe de l’Echo Des Parquets quitte momentanément les micros pour la plume : StillBallin, Guillaume et Lucas se glissent dans la peau des GMs le temps d’une mock draft. Dans quelques jours les franchises les plus hauts placées dans la draft vont en effet avoir la possibilité de se donner un énorme coup de boost jusqu’à pourquoi pas sortir leur équipe de leurs difficultés, grâce au renfort d’un des meilleurs jeunes joueurs désirant intégrer la grande ligue. Mais les erreurs seront cruelles et douloureuses dans ce moment crucial alors faire le bon choix devient une obligation qu’il n’est assurément pas facile de tenir. Joignons-nous à la réflexion pour quelques unes d’entre elles et voyons quels genres de voies devraient-elles suivre. Honneur au titulaire du premier choix de draft, évidemment.
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With the First pick in the L’Echos Des Parquets’ NBA Mock Draft, the Cavaliers select…
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Cleveland a eu le meilleur premier choix de draft de la décennie en 2003 avec LeBron James et depuis que l’ultime baller n’est plus là, elle l’a récupéré deux fois en trois ans comme si la vie essayait encore de panser la plaie. A titre d’exemple, les Bobcats, eux, n’ont encore jamais eu la timbale. Maintenant, j’espère seulement qu’on ne verra pas une tripotée de franchises se dégotter son môme atteint d’une maladie grave pour la représenter à la loterie parce que « visiblement ça marche bien avec Dame Chance ».
Me voilà donc intronisé GM des Cavs l’espace d’un article. J’ai hérité du premier choix de draft et donc de l’opportunité de choisir le meilleur parmi tous les prétendants à la NBA de cette année. Une chance incommensurable en temps normal, un piège de vicelard cette année. J’ai le choix entre passer pour un benêt édenté en brandissant un gentillet titulaire comme first pick (Ben McLemore, Nerlens Noel, Otto Porter, Victor Oladipo) ou pour un allumé du cerveau en misant l’ultime spot de draft sur un prospect plein de talent et de potentiel mais aussi risqué qu’une fiole de nitroglycérine dans le caleçon (Cody Zeller, Anthony Bennett). Et quelque soit le poulain choisi, il devra assumer son modeste niveau de jeu ou ses profondes failles avec le projecteur de n°1 de draft penché en permanence sur la cafetière.
Vous voyez, un type comme Zeller dépassera peut-être les craintes sur sa capacité à transposer son superbe jeu universitaire à l’échelon supérieur et dans une demi-dizaine d’années, je passerai donc peut-être pour un pantin sans fil à peine neuroné pour ne pas l’avoir choisi. Mais, petit gars, je suis prêt à parier ma pomme que si je lui épingle l’étiquette de first pick sur l’oreille et tout le bordel qui va avec, je vais me retrouver avec un basketteur qui aura en permanence la tronche d’un cancre flippé devant sa copie d’examen. Pareil pour Anthony Bennett.
Au final, Ben McLemore (20 ans, arrière shooteur) et Nerlens Noel (19 ans, pivot) sont les deux prospects les plus intéressants parce qu’ils ont la meilleure combinaison niveau plancher/niveau plafond. Au minimum, ils devraient devenir des éléments sérieusement utiles dans cette ligue là où d’autres ne pourraient peut-être même pas atteindre le quart de ce statut, et devenir au mieux (avec une louche de « si ») d’excellents joueurs pas loin de viser le match des étoiles quand certains sont pratiquement assurés de plafonner à un niveau seulement correct. Avec un premier choix de draft, eux seuls sont des options envisageables à mon avis. Mais bon, si je suis Cleveland, je sais que quoiqu’il arrive je vais prendre cette décision dans la gueule un jour ou l’autre et des petits malins referont l’histoire en disant quel incapable j’ai été ce jour-là. Bande de crétins.
Qui est le plus intéressant entre McLemore et Noel? Je n’en sais foutre rien. Tous les deux sont hyper athlétiques, s’appuient sur une grande force dans un secteur clé –la défense aérienne pour Noel, le shoot pour McLemore– qui devrait merveilleusement bien se combiner avec Kyrie « Lil’ Messiah » Irving, et ont tout plein de potentiel tout autour de ça. Prospects de même catégorie mais présentant des profils totalement incomparables, on ne peut même pas leur appliquer un banal face à face et s’en tenir à quelques pauvres détails pour en faire ressortir un par rapport à l’autre.
En tant que pivot, Nerlens Noel devrait prendre l’avantage vu l’importance du poste et la rareté des big men de qualité mais le gigantesque lévrier de Kentucky a des lacunes (manque de puissance qui risque d’être permanent, jeu offensif même pas encourageant) là où le seul vrai défaut inamovible de McLemore est qu’on ne voit pas en lui d’avantage que la troisième option d’une équipe. Ce défaut-là n’est pas vraiment problématique si on arrive à l’entourer avec des armes plus acérées (il y a déjà Irving, reste plus qu’à en trouver un autre). Alors qu’il faudra toujours subir les limites de Noel tout au long de sa carrière.
Toutefois, est-ce que ça suffit à surpasser l’argument « les pivots valables sont tellement importants et rares que JaVale McGee et DeAndre Jordan touchent 10 millions par an, alors il serait stupide d’en laisser filer un »? Cette fichue balance refuse toujours de choisir un côté. Je devrais pouvoir prendre les deux prospects en même temps, il n’y aurait que comme ça que je n’aurais pas l’impression d’avoir été le dindon de la farce avec le first pick de cette année par rapport aux précédents.
Si je n’arrive pas à les départager par eux-mêmes, il reste plus qu’à voir lequel des deux est susceptible d’améliorer le plus l’équipe qui est déjà en place. Après un rapide coup d’œil à l’effectif de l’Ohio, je crois que je peux réduire la question à « qui colle le mieux à Kyrie Irving? ». Malheureusement pour moi, Noel comme McLemore se combinent tous les deux très bien avec le fabuleux point guard et j’ai tout autant de mal à déterminer lequel des deux duos envisageables serait le meilleur.
Avec un shooteur aussi talentueux, dangereux sans le ballon et agréablement athlétique que l’arrière, Irving verrait ses possibilités exploser: il pourrait attirer les défenses à lui par son énorme capacité à se jouer d’elles et filer des cadeaux de tirs ouverts à ce diable de shooteur aux pourcentages universitaires sûrement truqués (49,5% dont 42% à 3pts), ou bien se régaler des espaces créés par la menace à longue distance qu’est le freshman de Kansas. Quant à Noel, s’il ne peut pas être la défense d’une équipe à lui tout seul (qui le peut?), il augmentera de quelques crans le niveau des Cavaliers de ce côté du terrain. Autant qu’une attaque rendue beaucoup plus difficile à contenir par la présence d’un Ben McLemore, ces progrès défensifs feront grappiller quelques victoires supplémentaires à la faiblarde franchise.
Je devrais donc peut-être me poser la même question avec le reste de l’effectif finalement. Même si ce reste-là n’est pas grand chose, autant s’appuyer dessus. On ira toujours plus haut en partant de pas grand chose qu’en partant de rien du tout. C’est Johnny Hallyday qui me l’a soufflé celle-là.
Sauf que là encore, rien n’est fait pour faciliter ma décision. J’avais trouvé stupides les sélections de Tristan Thompson et Dion Wiaters en quatrième positions de la draft mais ça ne m’empêche pas de les avoir dans les pattes aujourd’hui: McLemore joue sur le même poste que Waiters et Noel est exactement dans le même registre athlético-défensif-et-pas-grand-chose-d’autre-avec que Thompson. Ainsi, que je prenne McLemore ou Noel, un de mes deux anciens 4° pick devra être repoussé loin dans la rotation. Non pas que ça me chagrine tant que ça, c’est sur le banc qu’est leur place. Seulement, cela renforce mon sentiment que ces deux hauts picks des années passées ont été bêtement gaspillés.
L’incompatibilité entre ces deux joueurs et les deux prospects envisagés ici est certainement plus frustrante pour les dirigeants de Cleveland que pour moi. Ceux-là sont censés assumer pleinement la sélection si élevée des deux hommes, penser qu’ils en valent la peine et devraient donc vouloir les maintenir comme titulaires indiscutables. Chose qui entre en contradiction avec la présence de McLemore comme avec celle de Noel.
Vous allez me dire, une franchise qui est prête à mettre son avenir entre les mains d’un Thompson ou d’un Waiters ne devrait pas voir une simple incompatibilité comme un problème, pas vrai? Je suppose qu’elle jettera donc son dévolu sur le pivot bondissant. McLemore obligerait à mettre Waiters sur le banc alors que Noel joue au poste 5 quand Thompson occupe le poste 4. Peu importe que la raquette devienne complètement bancale et percluse de lacunes criantes, vaut mieux ça que de sous-utiliser un 4ème choix de draft en qui on croit, n’est-ce pas? Anderson Varejao pourra faire l’essuie-glace entre les deux positions intérieures et obtenir les trente minutes qu’il mérite derrière les deux jeunes pousses. Celles-ci en auront besoin. D’un autre côté, mette McLemore en ailier shooteur n’est pas moins contre-productif que d’avoir une raquette Noel-Thompson. Retour au point d’équilibre.
Il me vient une bouffée d’inspiration dans le ciboulot. Plutôt que de calibrer mon choix de draft par rapport aux joueurs actuellement présents dans le roster, pourquoi ne pas le calculer en fonction des joueurs que les Cavs pourraient avoir cet été? Parce que le bon côté d’avoir une équipe en lambeaux, c’est d’avoir beaucoup de place sous le salary cap pour recruter un agent libre.
Parmi les free agents estivaux, je pense que tout le monde sera d’accord pour écarter la piste Dwight Howard. Quoique Cleveland n’est pas une destination si vermoulue que ça avec Kyrie Irving et ce first pick qui en anticipant courageusement la venue d’Howard (la draft ayant lieu avant l’ouverture du marché des agents libres) deviendrait Ben McLemore.
A côté du délirant fantasme D-12, les Cavs pourraient viser Josh Smith, Nikola Pekovic, Al Jefferson, Paul Millsap, Andre Iguodala, Tyreke Evans, OJ Mayo ou encore Monta Ellis. Dans tout ça, pas mal sont incompatibles avec le prospect McLemore (les arrières) alors qu’aucun n’entre en collision avec Nerlens Noel, même les pivots Pekovic et Jefferson. Le marsupilami aux cheveux 90’s présente un registre radicalement différent de celui des deux granits aux mains de couturières et possède la vitesse pour défendre sur des ailiers forts. Il n’y a guère qu’en attaque qu’il occupe véritablement la même zone mais on ne lui demandera pas de prendre leurs tirs, seulement de fureter en attendant les rebonds offensifs et les opportunités qui traînent. Tout ça me parait même plutôt joliment complémentaire. De manière générale, il est toujours plus facile de mettre la main sur un bon arrière que sur un bon pivot alors autant saisir à pleine main un pivot intéressant plutôt qu’un arrière tout aussi intéressant quand on en a l’occasion.
Alors ça y est, on se fixe sur Nerlens Noel? Ben faut croire, ouais. A une petite condition près: Varejao sort d’une grosse saison, il est un superbe role player et a un gros contrat finissant susceptible de créer pas mal de place sous le salary cap en 2014 tandis que malgré tout ce que je peux penser, Dion Waiters et Tristan Thompson ont une cote plutôt correcte actuellement. Ces trois-là et d’autres sont potentiellement de la chair à transfert au joli fumet qui pourrait allécher quelques pigeons bien gras.
Selon les joueurs que je pourrais être amené en les échangeant au moment de la draft, je pourrais envoyer balader Noel pour cueillir McLemore. Si le jeu en vaut la chandelle, je pourrais aussi céder ce first pick. J’ai besoin d’un joueur majeur à mettre aux côtés de Kyrie Irving pour construire une équipe prometteuse et ce choix de draft au rabais ne pèsera pas lourd face à la perspective d’en récupérer un.
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With the First pick in the L’Echos Des Parquets’ NBA Mock Draft, the Cavaliers select…
Nerlens Noel from Kentucky University
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StillBallin
Belle plume :) Mais perso, j'y crois en Waiters et TT.. Je pense aussi que le meilleur choix c'est Noël car il a la meilleur valeur monétaire. (en plus du potentiel)
Le niveau de la draft 2013 est quand même ultra faible … Alors que la 2014 sera surement la meilleur depuis la 2003…