Playoffs Preview : Los Angeles Clippers (4) – Memphis Grizzlies (5)

Accrochez vous bien à votre fauteuil, ça va déménager ! La voilà enfin, la revanche tant attendue entre les Memphis Grizzlies et les Los Angeles Clippers. On prend les mêmes et on recommence, ou presque : Rudy Gay a plié bagage, l’avantage du terrain est inversé par rapport à l’an passé, mais la promesses de rencontres tendues et acharnées sont les mêmes en revanche. Les Grizzlies voudront laver l’affront de l’an passé, lors d’une série où ils se sont emmêlés les pinceaux, et les Clippers n’ont pas le droit à l’erreur, après avoir été placés toute la saison durant parmi les favoris. Envoyez la musique, ça va swinguer.
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Effectif et fond de jeu

Du coté des Grizzlies, on a donc décidé de tourner la page Rudy Gay. Pour une question d’argent principalement, mais aussi parce que la direction commençait de plus en plus à sentir qu’il ne deviendrait jamais le Franchise Player et leader offensif de l’équipe, comme on pouvait l’espérer dans le Tennessee. C’est donc un retour aux sources pourrait-on dire, lorsqu’en 2011 c’est surtout à la force du collectif (et d’un Rondolph en feu), sans Gay, que les Grizzlies avaient frappé un grand coup.
La mentalité du coach Lionel Hollins, et la force de Memphis, c’est sa défense et son collectif. A l’issue de la saison régulière, les Grizz’ ont terminé meilleure défense de toute la NBA, avec comme fondation le meilleur backcourt défensif de la ligue, Mike Conley et Tony Allen (qui a toutes ses chances pour le titre de défenseur de l’année d’ailleurs), mais aussi Tayshaun Prince sur l’aile, plus sobre mais plus défensif que Rudy Gay, ou un Marc Gasol très solide dans la raquette. Créer des turnovers, c’est la spécialité de cette équipe, et ça sera une arme à fortiori en playoffs s’ils arrivent à convertir ces occasions en paniers faciles sur contre-attaques. En attaque, Memphis est en partie dévoué à du jeu en triangle, et du pick & roll, avec notamment un one-two puch Conley/Gasol très efficace dans l’exercice. Sans oublier des Jerryd Bayless et Quincy Pondexter en sortie de banc, qui apportent une capacité à dégainer à longue distance qui manque un peu au cinq majeur, ou même Darrell Arthur et Ed Davis, qui dans un style différent, seront précieux dans la raquette pour permettre à Gasol et Randolph de se reposer.

Chez les Clippers, le plan de jeu est plus simple. Prenez le meilleur meneur de jeu de NBA en ce moment, un duo d’intérieur explosif et plus athlétique que quiconque en NBA, et une escouade de tireurs d’élite, et vous obtenez la recette pas si secrète que ça qu’à utilisé Vinny Del Negro cette saison. Explosifs en attaque, les Clippers n’en sont pas moins efficaces en défense également, même si un ton au-dessous de Memphis. Mais plus important que la capacité à verrouiller en défense, c’est cette aptitude à prendre feu, à enflammer un match qui caractérise cette équipe. Chris Paul à la baguette, Blake Griffin pour jouer dans le pick & roll, et beaucoup de mouvements des trois shooteurs dans le périmètre, c’est ça le fond de jeu des Clippers, et encore plus dans le money time.
D’autant que les Angelinos ont certainement un des meilleurs bancs de la ligue. Jamal Crawford pour du scoring (3e meilleur marqueur de l’équipe), Eric Bledsoe qui excelle dans ce rôle de dynamiteur en sortie de banc, et parfait back up de Paul. Mais aussi Lamar Odom qui revient en forme et a retrouvé une condition physique correcte, Matt Barnes toujours aussi précieux, Willie Green, Caron Butler, Ryan Hollins ou Ronny Turiaf, autant de bons role players qui font de cette second unit une vraie menace. La seule interrogation sera l’état de forme de Chauncey Billups, qui s’il est en état pourra être un énorme plus pour cette équipe.
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Les clés de la série pour les Clippers

– L’efficacité de la zone défensive : Généralement utilisée par la second unit, la zone 3-2 des Clippers est aussi pratiquée avec les titulaires de temps en temps. En général, les résultats ne sont pas toujours très satisfaisants, et d’ailleurs durant les précédentes rencontres cette saison, Memphis s’en est parfaitement sorti pour contourner cette zone, en utilisant beaucoup les corners ou les positions au poste pour Randolph. Mais, bien pratiquée, on a déjà vu la zone des Clippers faire effet, et contre une équipe des Grizzlies avec plus de certitudes défensives qu’offensives, il y a moyen d’aller les embêter et les déranger sérieusement, surtout qu’avec le départ de Gay il manque un go to guy capable de se créer son tir tout seul. Pas sur 48 minutes, mais peut être sur certaines séquences, de quoi inverser le momentum d’une rencontre. Et à l’inverse, si le collectif et le bon mouvement de ballon des Grizzlies fait la misère à cette zone, à Del Negro de s’ajuster et de ne plus l’essayer en vain.
– Les mouvements dans le périmètre : C’est toujours la même histoire, face à une bonne défense, faire tourner le ballon et mettre les défenseurs hors de position. Contre les chiens de garde de Memphis, il va falloir des shooteurs très actifs dans la recherche de tirs ouverts et de bonnes positions en attaque. Sur pick & roll, on peut faire confiance à Paul et Griffin pour se montrer incisif, ce qui fera pencher la balance et rendra le plan de jeu efficace, ce sera l’efficacité des tireurs et leur activité dans le périmètre. Du gagnant gagnant en plus, puisque si les Clippers se montrent dangereux à longue distance, cela ne pourra que laisser plus d’espace à Chris Paul pour opérer.
– L’efficacité de la second unit : Connue et reconnue comme une des meilleures escouades de la ligue en sortie de banc, les Clippers espèrent que leurs remplaçants se montreront à la hauteur. En face, Memphis est loin d’avoir autant de qualité et d’expérience sur son banc, et même si les titulaires risquent de jouer plus longtemps qu’en saison régulière (playoffs obligent), l’impact de la second unit de LA sera primordial. Avoir des remplaçants en forme, qui accumulent les points, c’est autant de chances à mettre de leur coté pour les Clippers.
– Le facteur X : Chauncey Billups. Seulement 21 matchs sur les 82 possibles pour Billups cette saison. On sait que Chris Paul va briller en playoffs, on se doute que ce sera aussi le cas pour Blake Griffin, mais l’état de forme du MVP des Finales 2004 cette saison fait douter. Un Billups en forme, c’est de l’expérience du très haut niveau, du shoot extérieur, du scoring et même pourquoi pas soulager Chris Paul à la mène sur certaines séquences. Autant dire que les Clippers ne cracheraient certainement pas sur un grand Chauncey Billups, qui a déjà vécu des moments comme ça, et sur qui on peut compter à coup sûr dans le money time.
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Les clés de la série pour Memphis

– La défense dans le périmètre : Les Clippers ne sont pas parmi l’élite des artilleurs à trois points sur la saison régulière (10e équipe sur 30 « seulement », 18e au pourcentage de réussite longue distance). Mais encore une fois, ils ont cette capacité à flamber sur une séquence, et à enfiler les tirs primés pour revenir au score ou mettre à distance leur adversaire. Avec des Tony Allen, Mike Conley, Jerryd Bayless ou même le rookie Tony Wroten, Memphis possède là une jolie escouade de défenseurs vifs et assez rapides pour contester les Clippers à trois points.
– Le rebond : Quand on dit « il faut appuyer là où ça fait mal », peut-être que c’est dans ce filon que Lionel Hollins devrait creuser. Les Clippers adorent jouer small ball, et même si cela leur permet d’être plus menaçant en attaque, forcément le revers de la médaille c’est qu’ils perdent en taille, et en présence au rebond. A l’inverse, Memphis possède deux paires d’intérieurs, Gasol/Randolph, et Arthur/Davis, solides, qui aiment bien rester sous les panneaux et ne sont pas les derniers pour prendre du rebond. Ce sera notamment au rebond offensif, où les Grizzlies sont extrêmement efficaces, qu’ils pourront faire mal, multiplier les possessions offensives, et ainsi forcer la décision.
– Le tir à trois points : C’est LA grosse faiblesse de Memphis (les départs de Gay et Wayne Ellington n’ont pas aidé). Ils sont la pire équipe de la ligue aux tirs longue distance, et ça s’explique tout simplement par le fait qu’ils ne possèdent aucune véritable menace à trois points. Il y a bien Quincy Pondexter, mais qui demeure un role player. Contre justement la zone des Clippers, où même plus généralement pour prendre rapidement de la distance avec l’adversaire, Memphis va devoir compter un peu plus sur son tir à trois points, même si ce n’est pas leur jeu.
– Le facteur X : Mike Conley. Certes, Memphis aura besoin d’un Zach Randolph en forme, comme en 2011 et contrairement à l’an passé où il avait été embêté toute la saison par des pépins physiques. Mais le vrai facteur X, celui de qui la victoire va beaucoup dépendre, ce sera Mike Conley, et pas pour son playmaking. En terme de shoot, Conley est sans doute le tireur le plus pur de cette équipe, et peut faire de très nombreuses choses : du step back, du trois points, du tir en sortie d’écran, etc. L’an passé, c’était le manque d’implication au scoring de Conley (et Gasol également) qui avait couté quelques matchs à Memphis, et aujourd’hui que Rudy Gay n’est plus là, c’est encore plus vrai que les Grizzlies voudront voir un Mike Conley plus dévoué au scoring.
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Les Match up à suivre

– Tony Allen/Mike Conley vs Chris Paul : Ce sera de toute évidence l’attraction de cette série, le meilleur meneur de la ligue face à deux des meilleurs défenseurs extérieurs de NBA. L’an passé, Lionel Hollins avait choisi de garder Mike Conley sur Chris Paul plutôt que Allen, et on ne pouvait pas contester ce choix plus que ça, étant donné que Conley est également très performant en défense, bon sur l’homme et redoutable intercepteur. Mais en fin de série, le coach des Grizz’ avait finalement choisi de placer Tony Allen sur Paul, pour peut-être un peu plus de réussite. A voir, il faudra s’adapter à la situation, mais une fois encore, Chris Paul aura du lourd sur le dos. On ne s’attend pas à ce qu’un des deux puisse l’effacer d’un match entier, mais au moins freiner sa production sera déjà une satisfaction.
– Jerryd Bayless vs Jamal Crawford : Ce sera intéressant de voir comment les deux sixièmes hommes répondront aux challenges, et comment ils pourraient se répondre l’un à l’autre. Ce n’est pas certain de les voir défendre l’un sur l’autre tout le temps, mais rien que le duel à distance sera aussi une bonne indication. Si Crawford est sans doute un meilleur attaquant, Bayless demeure meilleur défenseur, et pourrait se charger du cas de Crawford avec Tony Allen par exemple.
– Blake Griffin vs Randolph/Gasol : Si Giffin veut prouver qu’il a fait des progrès et acquis de meilleurs fondamentaux, c’est la meilleure opportunité de le faire. L’an passé, on avait eu droit à quelques fulgurances au poste bas, pour étonnamment une belle efficacité, mais il n’avait pas su s’appuyer dessus pendant toute la série. Également beaucoup plus mobile et physique que les tours jumelles de Memphis, Griffin et les Clippers préféreront sans doute s’appuyer là-dessus que sur un tir à mi-distance encore trop moyen (et un tir à longue distance toujours aussi catastrophique). A l’inverse, Marc Gasol comme Zach Randolph ont la capacité de s’éloigner un peu plus loin du cercle, avec justement un tir très fiable pour eux. Si en plus les Clippers jouent small ball, éloigner les intérieurs du cercles en défense pourrait aussi être une bonne solution.
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Bilan
On en salive d’avance. Non seulement parce que ce sera sans doute la série la plus disputée du premier tour, mais aussi parce que ces deux équipes nous ont habitués à se bousculer et se fritter de temps en temps. Et avec en plus l’envie de revanche de l’an passé pour Memphis, ça ne peut que pimenter la sauce et nous promettre de plus belles batailles.
Fait notable également avec ces deux équipes, c’est que autant en saison régulière qu’en playoffs l’an passé, ce sont deux équipes qui gagnent très souvent à l’extérieur, à se demander si l’avantage du terrain est vraiment une bonne chose ou non. Au final, tout pourrait se jouer à qui défendra le mieux son antre, mais une chose est sûre, c’est qu’une de ces deux franchises verra son parcours de postseason s’arrêter plus tôt que prévu. C’est dommage pour l’une comme pour l’autre quand on voit à quel point ces deux formations ont bien joué cette année, mais c’est la dure loi des playoffs.
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Le programme de la série
Game 1 – Dimanche 21 avril, Memphis @ L.A. Clippers, 4h30
Game 2 – Mardi 23 avril, Memphis @ L.A. Clippers, 4h30
Game 3 – Vendredi 26 avril, L.A. Clippers @ Memphis, 3h30
Game 4 – Samedi 27 avril, L.A. Clippers @ Memphis, 22h30
Game 5 * Mardi 30 avril, Memphis @ L.A. Clippers, à déterminer
Game 6 * Vendredi 3 mai, L.A. Clippers @ Memphis, à déterminer
Game 7 * Dimanche 5 mai, Memphis @ L.A. Clippers, à déterminer