NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets – N°3, Philadelphia Sixers

NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets – N°3, Philadelphia Sixers

Nerlens Noel Philadelphia Sixers

Comme un LeBron James qui reviendrait pour mettre un contre par derrière, la draft approche, et elle approche vite. L’équipe du podcast l’Echo des Parquets reste aux micros le dimanche, mais prend la plume pendant la semaine afin de mettre en lumière les choix et stratégies à adopter pour les cancres de la NBA avant d’aller au tableau recevoir leurs bons points. Après le choix des Cleveland Cavaliers et celui des Bucks de Milwaukee, l’heure est venue de faire celui des Philadelphia Sixers. Et c’est StillBallin (@StillBallinUnba) qui est à la barre.

With the third pick in the 2014 L’Echo des Parquets NBA Draft, the Philadelphia Sixers select…

Les Sixers ont foutu le feu à leur boutique pour toucher le montant de l’assurance (appelée “Draft” en NBA) et avec ça en construire une nouvelle, plus resplendissante. Le seul meuble qui a été sauvé est l’efficace power forward, Thaddeus Young, aux côtés duquel de nouvelles installations ont été aménagées tel que le meneur Michael Carter-Williams, tandis que d’autres n’ont pas encore été déballées comme le bondissant pivot défensif, Nerlens Noel. Les 76ers ont par contre laissé cramer Evan Turner avec le reste du bâtiment sans le moindre état d’âme.

La franchise chère à Allen Iverson et Jazzy Jeff se présente donc avec un jeune pivot défensif, un précieux ailier fort et un meneur à faire plein de trucs. Aucun Kevin Durant, James Harden ou John Wall là-dedans. Il s’agit même d’une armature assez légère pour envisager de briser des cœurs et des nuques à l’avenir. Illadelph a donc besoin avant tout de trouver ce qui se rapproche le plus d’un crack à même d’emporter son équipe dans le sillage de son talent et de porter sa troupe le plus haut possible. Aussi ce joueur sera d’avantage choisi sur la force de ses qualités propres que sur sa complémentarité avec le trio déjà en place au Wells Fargo Center.

Effectivement, si la franchise considère que Joel Embiid fera une carrière à la Hakeem Olajuwon, Tim Duncan ou [inscrivez le nom du pivot légendaire de votre choix] et Andrew Wiggins “seulement” une carrière à la Tracy McGrady ou Paul George, drafter Embiid ne devrait pas faire naître la moindre hésitation, quand bien même elle compte déjà dans ses rangs Noel sur ce poste et rien d’autre qu’un bête vide sur celui qu’occupe le canadien de Kansas. Si au contraire elle voit le camerounais et Wiggins avoir un impact global à peu près équivalent, la complémentarité de l’un ou l’autre avec Young et sa clique pourra faire pencher la balance.

Est-ce que je pense que parmi les trois prospects vus clairement au-dessus des autres que sont Wiggins, Embiid et Jabari Parker, s’en trouve un présentant suffisamment de signes soufflant qu’il verra son maillot être retiré (signes qu’avait montré Anthony Davis, John Wall et Kyrie Irving par exemple)? Non, pas à mes yeux, pas à l’heure où je vous parle. Et surtout, aucun plus que les deux autres. Joel Embiid, hors les doutes quant à l’état de son dos que je laisse aux toubibs le soin de lever ou de confirmer, affiche tous ces signes mais pas de manière assez ferme pour l’instant. Ou du moins pas avec un échantillon de matchs suffisamment probant pour que j’y accorde une foi inconditionnelle.

Embiid n’a en effet commencé le basket sérieusement qu’en 2011, n’a dans la panse qu’une petite année universitaire amputée de sa partie la plus compétitive (tournoi de fin de saison) en raison d’un blessure et il a, cette année-là, foulé les parquets à peine 23 minutes par rencontre en moyenne. Comment juger un joueur sur si peu d’éléments? Plus encore un pivot qui n’a débuté ce sport que trois ans auparavant? Affirmer avec aplomb que le long Jayhawk est déjà un all-star reviendrait à dire qu’une pièce jetée en l’air à deux reprises et qui tombe les deux fois sur pile tombera toujours sur pile.

Le natif de Yaoundé n’a en effet pas encore eu à porter les espoirs de son équipe et la pression qui va avec sur toute la durée de l’année, ni même sur toute la durée d’un match jour après jour et encore moins dans la partie la plus dure et chaude de la saison. Il n’a pas non plus eu à se coltiner le ciblage intempestif et les regards assoiffés de sang des adversaires en permanence et sur toute l’année. Ce vécu-là lui fait défaut et nous, nous ne pouvons qu’être effrayés à l’idée de ne pas savoir quel joueur il sera dans ce contexte, lui en qui on voit le talent d’un franchise player. Nous pouvons également être effrayés à l’idée qu’il découvrira cette situation très particulière et difficile directement face à des professionnels aguerris, vicieux et extrêmement talentueux. Plonger dans l’eau chaude alors qu’on a jamais connu que l’eau froide et sans passer par l’eau tiède est assez violent et Embiid pourrait se casser les dents sur cette épreuve avant d’avoir pu s’y accoutumer.

Dans le même ordre d’idée, on peut craindre que sa progression -démentielle depuis qu’il a posé le pied sur le sol américain et visible d’un match à l’autre pendant sa saison universitaire mais encore loin d’être achevée- ne puisse se poursuivre au stade supérieur et ultime qu’est la NBA. Le Tonnerre de Yaoundé apprend vite, très vite et c’est un énorme point positif. Mais a-t-il eu le temps de “fixer” ce qu’il avait appris ? A-t-il suffisamment bien intégré ces éléments pour les utiliser à long terme et qu’ils résistent à peu près à tout ce qui lui sera opposé?

Il est évidemment possible de progresser en NBA mais les exercices proposés sont d’un tout autre niveau face aux physiques et à l’intelligence du monde professionnel. Ici, Embiid vient tout juste de passer deux ou trois niveaux d’un jeu vidéo en mode facile qu’il s’apprête déjà à recommencer une partie dans le mode le plus dur. En général quand nous agissons ainsi et sauf talent exceptionnel, nous restons bloqués dans les premiers niveaux et faisons marche arrière face à la difficulté du jeu pour reprendre en mode moyen avant de retenter le mode difficile une fois nos compétences suffisamment développés. Embiid lui n’aura pas cette chance. Peut-être Embiid est-il si bon qu’il relèvera le défi avec succès mais peut-être pas. Ce qu’on a pu voir de lui jusque-là avec une seule année universitaire, un temps de jeu limité et une fin de saison à l’infirmerie n’apporte pas assez d’informations pour répondre à cette question avec ne serait-ce qu’un petit fond de certitudes, dans un sens comme dans l’autre. Bref, à l’heure actuelle, c’est du pile ou face.

Son désormais ancien coéquipier, Andrew Wiggins, est un lui aussi un prospect exceptionnel en ce sens qu’il a du potentiel dans plusieurs différents secteurs clés du jeu propres à faire de lui un franchise player (shoot, jump-shoot à mi-distance en sortie de dribble, attaque du panier, défense) et que ce potentiel dans chacun de ces secteurs est insensé. Cependant, il n’en a pour l’instant gratter que la surface. En attaque notamment, il est tout à fait capable mais ne possède pas encore la régularité et les certitudes en la matière qu’on est supposé trouver chez un leader reconnu. Ses 17,1 points à 44,8 % de réussite (32,8 min/match) sans être vraiment l’option n°1 (voire même sans être l’option n°2) sont malgré tout assez encourageants quand on regarde sous cet angle.

Comme Embiid mais aussi Anthony Davis et John Wall avant lui, Wiggins est très loin d’être un joueur fini. D’ailleurs, lui-même donne l’impression d’en être que trop conscient quand on le voit traverser les matchs avec timidité et sembler ne pas trop savoir sur quelle arme de son arsenal il doit appuyer son jeu. Certains diront qu’avec un peu plus de confiance en lui, née de son avancement futur dans la maitrise de sa palette offensive, d’un coach qui lui donne une ligne de progression claire et tout simplement du temps, Wiggins pourra laisser exploser son talent. D’autres par contre, doivent s’inquiéter de l’imaginer de pas réussir à dépasser le joueur qu’il est actuellement. Ici aussi le pari comporte un risque aussi gros qu’est la potentielle récompense.

Comme les deux alumnis de Kansas University, Jabari Parker est un freshman. Mais contrairement à eux, il est un basketteur abouti qui a assumé le rôle de figure de proue de son équipe (avec un succès mitigé cependant). Son arsenal offensif notamment, pourrait dès maintenant vanner pas mal de ses congénères présents dans la grande ligue depuis un bail. Mais si les all-stars games devraient pleuvoir sur sa carrière, le combo forward chicagoan expatrié à Duke semble appartenir à cette frange de joueurs dont le talent est celui d’un franchise player mais dont le style de jeu ne mène que rarement aux sommets. Pensez à Carmelo Anthony. Parker s’en rapproche en terme de talent et de profil sans toutefois en atteindre le niveau. Il est moins costaud, plus altruiste mais surtout moins fort, tout simplement.

S’il est un bijou offensif qui sanctionnera le moindre espace laissé par la défense n’importe où sur le parquet, et d’ailleurs même parfois lorsqu’elle n’en oubliera aucun, il risque d’essuyer les mêmes critiques que reçoivent ce genre de superbes scoreurs se sentant souvent un peu trop à l’aise avec les tirs difficiles (son pourcentage en NCAA était toutefois des plus correctes, 47,2%). Mais surtout, la franchise qui jettera son dévolu sur lui devra vivre avec ses graves difficultés défensives, que ce soit sur le poste 3 ou 4. Et ça, c’est pas facile comme Duke a pu en témoigner.

Ainsi, aucun de ces trois candidats ne prends autoritairement le pas sur les deux autres dans mon esprit. Faire un choix entre eux est donc assez ardu même si en présence du talent affiché, on ne s’en plaindra pas. Moins que l’an passé a fortiori. Mais alors que je m’apprêtais à développer ma réflexion sur le choix à faire, les Cavaliers sont venus me rappeler d’une claque derrière le crâne que les Sixers disposent du troisième pick de la draft et non du premier. Oui, mince c’est vrai.

Le choix en devient beaucoup moins compliqué. Et bien allons-y, draftons le dernier membre restant du trio magnifique… Les autres prospects qui attendent derrière sont sympas mais aujourd’hui, ils sont un ou deux crans en dessous du trident de tête. Certains estiment que Dante Exum, le tranchant combo guard en provenance direct de l’INSEP australien pourrait s’avérer être de leur trempe -et il le sera peut-être- mais pour l’instant, il est un pari plus risqué que Wiggins et Embiid qui ont jusqu’ici rencontré une bien plus grande compétition que lui. Exum peut se vanter d’avoir dominer tous les championnats internationaux de moins de 19 ans qu’il a joué, team USA comprise, mais là se trouve le niveau de compétition le plus élevé auquel il s’est frotté jusqu’ici. Jamais encore il n’a croisé de joueurs ou d’équipes aboutis physiquement, techniquement et mentalement. Mais alors que vaut-il réellement? Les exemples de joueurs ayant dominé les catégories jeunes des compétitions internationales et qui n’ont pas confirmé au niveau supérieur, tant en NBA qu’en Europe, sont légions.

J’ai dit que sélectionner Embiid comportait une incertitude équivalente à un pile ou face, l’incertitude entourant Exum est une dizaine de fois plus grande. La lame des Aussies ressemble à un futur all-star, il le sera peut-être mais pourrait tout autant être un banal joueur de D-League pour ce qu’on en sait actuellement. Je suis sûr que des tas d’excellents D-Leaguers auraient été dominants avec l’équipe d’Australie des moins de 19 ans au même âge. Comme l’aurait également fait un futur all-star NBA. Le flou total, je vous dis. Les Sixers n’ont aucun intérêt à tenter un pari aussi grand alors qu’au moins un autre prospect portant l’inscription “futur all-star” en travers du front et comportant moins de risques sera encore disponible.

Julius Randle présente au contraire énormément d’assurances quant à sa réussite en NBA (ce qui est toujours particulièrement louable pour un freshman) mais son potentiel risque de plafonner au stade de la participation au all-star game. C’est bien, très bien mais d’autres prospects encore disponibles sont tout simplement meilleur (Parker) ou présentent un potentiel plus intéressant (Embiid, Wiggins, Exum). Or, pour ce dernier cas et du point de vue d’une équipe en recherche de gros talents comme Philly, il me paraît plutôt pertinent de miser sur une valeur moins sûre que Randle mais dont le potentiel (sérieusement fondé) est plus élevé. Les meilleures équipes sont souvent portées par quelques uns des meilleurs éléments de la ligue, tenter d’en avoir un est la meilleure chose à faire même si le risque d’échec est plus grand. En outre, le profil de power forward old school du Wildcat de Kentucky (proche du cercle, sans pour autant pouvoir jouer pivot) me gène un peu dans le jeu d’aujourd’hui. Marcus Smart, lui, n’est à mes yeux qu’un (génialissime) role player.

Andrew Wiggins sera donc mon 3ème pick. Et c’est une plutôt bonne nouvelle pour lui. Être drafté derrière ses deux autres concurrents lui permettra d’échapper aux plus gros projecteurs (Michael Carter-Williams lui en enlèvera également pas mal) et à la très forte pression du 1st pick (actuellement, Anthony Bennett doit être très jaloux d’Otto Porter). Lui qui paraît du genre timide et qui à mon avis aura besoin d’un certain temps avant d’être capable de lâcher tous les chevaux qu’il a sous le capot, sera un peu moins exposé à cette troisième place qu’à la première ou la seconde (sans parler de l’historique malédiction qui pèse sur ce 2nd pick). Au niveau de son intégration dans le roster 76er, aucune véritable question se pose. Que ce soit au poste d’arrière ou d’ailier, il remplirait une chaise vide.

Si Jabari Parker se trouve être le membre du Draft Big Three laissé de côté par les Cavs et les Bucks, c’est au poste d’ailier fort que je vois l’ancien lycéen de Simeon être le plus performant, ce qui colle assez bien avec le long et vif pivot défenseur qu’est Nerlens Noel. A ce poste, Parker pourra écarter les défenses (chose si précieuse), profiter lui-même des espaces créés par l’absence d’un deuxième intérieur et payer un peu moins cher son manque de vitesse latérale en défense. Positionné ainsi, Parker a la possibilité de devenir un défenseur au moins moyen en progressant dans l’effort et le savoir-faire en la matière, alors qu’à l’aile son déficit de vitesse latérale est de toute façon trop grand.

Dans ce plan, Thaddeus Young devient évidemment surnuméraire. Mais le bonhomme affiche une plutôt belle valeur sur le marché donc l’échanger pourrait être intéressant pour combler efficacement d’autres postes. En cela, le 10ème choix de draft que possède la franchise du Doc J. peut également accompagner Young sur le trading block pour augmenter encore le niveau de la contrepartie de l’échange. Si toutefois aucune offre de qualité se présente, je me satisferais d’avoir Parker en 3. Même si l’équipe y perdrait un peu (défenses adverses moins écartées, difficultés défensives de Parker augmentées), elle perdrait toujours moins qu’en montant un transfert trop déséquilibrée ou en mettant Young sur le banc plutôt que sur le terrain.

Si Joel Embiid est la dernière princesse invitée au bal, sa sélection amorcerait également quelques réflexions quant à l’organisation de la formation sixer étant donné qu’il occupe le même poste qu’un joueur drafté haut l’an passé et pour lequel la franchise a lâché un excellent meneur en la personne de Jrue Holiday. Il n’y aurait cependant pas de quoi s’inquiéter à mon sens. Je suis loin d’être opposé à l’idée de voir Noel et Embiid se partager les minutes sur le poste de pivot. Découvrir le dur monde de la NBA en douceur (temps de jeu limité, responsabilités de cette position supportée à deux) serait vraisemblablement salvateur pour le camerounais pour qui je crains que tout aille trop vite. Cela vaut d’ailleurs aussi pour Noel qui finalement n’a derrière lui que le lycée et quelques mois de NCAA dans les jambes, et devra porter l’ombre d’Holiday à chacune de ses performances.

L’association Noel-Embiid ne m’effraie pas beaucoup non plus, Noel ayant a priori la vivacité pour défendre sur la plupart des ailiers forts adverses. En attaque le drafté 2013 n’a pas le jeu offensif pour dénier à Embiid la priorité sur les ballons envoyés à l’intérieur de sorte que personne ne devrait manger dans le potager de l’autre. La raquette serait par contre un peu trop bouché avec ces deux joueurs qui n’aiment pas s’écarter du cercle mais c’est pas comme si Illadelph Halflife comptait gagner des matchs dès cette année. Il est au contraire plus important pour eux de développer ses jeunes de grande valeur. Cela fait, la franchise pourra prendre des décisions pour gagner des matchs tels qu’échanger Noel ou Embiid contre un power plus adéquat. Normalement et si l’organisation a bien fait son boulot, l’un ou l’autre aura alors une valeur bien plus élevée et la contrepartie d’un trade sera particulièrement croustillante.

Yo, vous savez quoi? Même si choisir en 3ème position présente finalement de bien jolis avantages (moins de pression pour le futur drafté, etc), Phila est en position de grimper d’une ou deux places. Il serait facile de combiner le 3e choix et une des nombreuses pièces échangeables de l’effectif (le 10ème pick, Young et, oui, Carter-Williams*) pour obtenir une meilleure place mais lâcher un de ces atouts en plus de son plus haut choix de draft serait peut-être assez cher payé pour avoir la possibilité de se décider entre des prospects qui finalement sont aussi difficile à départager.

Par contre, les Sixers peuvent nager à dix dans l’espace qu’ils ont sous le salary cap et n’ont pour l’instant que peu de chance d’attirer un gros free agent. Pourquoi ne tenteraient-ils pas de grimper d’une place ou deux dans la draft en proposant gracieusement aux Cavs ou aux Bucks, leur 3ème pick évidemment et également de prendre à leur charge un des contrats qui embourbent leur roster? Je pense plus particulièrement aux Bucks qui ne reculeraient que d’une seule place et qui comptent pas mal de ces joueurs qui freinent leur reconstruction en raison de leur contrat trop épais ou de leur inadéquation avec les plans d’avenir de la franchise. Comme OJ Mayo par exemple, et peut-être aussi Ersan Ilyasova, Zaza Pachulia, voire Larry Sanders. La perspective de voir Philly leur retirer une épine du pied pourrait les convaincre de reculer d’une petite place dans la draft. Les Sixers, quant à eux, ont une grande marge sous le salary cap et pas assez d’atouts pour attirer un beau free agent, alors pourquoi ne pas utiliser cette marge pour grimper un peu dans la draft plutôt que de ne rien en faire (ou de surpayer les seuls joueurs -moyens- qui daigneront venir)?

J’avoue faire preuve d’un peu de filouterie en proposant un tel deal parce que je demeure persuadé qu’OJ Mayo est un vrai bon titulaire dans cette ligue (tant qu’il n’est pas déprimé et abandonné comme ce fut le cas cette année, lui qui pensait avoir la chance de jouer dans une équipe relativement prometteuse et dotée d’un vrai meneur en la personne de Brandon Jennings). Le Mayo en forme est un beau scoreur, altruiste et bon défenseur. Il ferait énormément de bien à Philly pour qui les shooteurs deviendront rapidement une denrée indispensable.

Mayo est le meilleur ajout à prendre parmi les joueurs potentiellement non compris dans les plans des Bucks mais à défaut, leur prendre Ilyasova ou Pachulia pour avoir ce second pick m’irait aussi. Il ne faut pas sous-estimer l’impact positif que peut offrir la présence de vétérans dans une équipe en reconstruction (expérience, partage des responsabilités, etc…). De plus, Milwaukee serait peut-être content de payer un peu moins cher son rookie, le contrat étant moins gros pour le troisième choix que pour le second.

Avec ses exquis 3ème et 10ème picks de la draft, de jolies perspectives de trades et une agréable flexibilité salariale, Phila est à un moment charnière de sa reconstruction. C’est peut-être ici qu’un jour, nous situerons la naissance d’une excellente équipe ou qu’au contraire, nous y verront le siège de douloureux regrets. Plus il y a de belles équipes dans le championnat, plus je suis content. Alors ne foirez pas les gars.

With the third pick in the 2014 L’Echo des Parquets NBA Draft, the Philadelphia Sixers select…

Andrew Wiggins, from Kansas University.

StillBallin (@StillBallinUnba)

* A mes yeux, cet été est le meilleur moment pour transférer Michael Carter-Williams car je pense que sa côte ne sera jamais aussi haute qu’actuellement (ainsi je viens d’armer mon flingue pour un prochain “je l’avais dit”). J’ai cru comprendre que les Kings cherchaient un meneur et ne savaient pas trop quoi faire de leur 8ème choix de draft donc… Je ne serais pas contre l’introduction de Ben McLemore dans la transaction non plus (mais là je pousse peut-être un peu).

6 Comments

  1. Qu'est ce qui vous fait dire que Randle est moins bon que Parker ? Je veux dire, offensivement, c'est bien, mais défensivement ?

    1. Question pertinente. Comme tu l'as compris, Parker est un attaquant exceptionnel. Dans ce domaine, il est sans conteste plus intéressant que Randle parce qu'il peut scorer de n'importe où (à distance, au poste, à mi-distance), en toutes circonstances (un-contre-un, catch and shoot, etc…) et face à pratiquement n'importe qui (on attendra quand même de la voir en NBA, il risque de ne pas être aussi bon au poste). Randle est très fort dans la raquette, dos comme face au panier mais il n'est -à l'heure actuelle (je parie que ça va changer)- pas capable d'être utile en s'écartant. De plus, il utilise peu ou mal sa main droite, ce qui réduit ses possibilités (peut pas déborder sur la droite). De manière générale, Randle est beaucoup plus facile à défendre que Parker, qui lui n'a presque pas de faille dans son jeu offensif.

      On s'inquiète également un peu du risque de voir le jeu intérieur de Randle perdre un petit peu de son efficacité en NBA, face à des joueurs plus longs, puissants et athlétiques, lui qui a tendance à rester assez proche du sol. Parker ne monte pas très haut non plus et son jeu intérieur risque également de perdre une plume ou deux au niveau supérieur mais il a énormément d'armes en plus et qui devraient assez bien faire la transition chez les pros (shoot en catch and shoot ou en un contre un, à 3pts ou à mi-distance). Il faut également ajouter que le spacing qu'il apporterait en PF devrait grandement aider son équipe. Randle ne permet actuellement aucun spacing (tant qu'il n'est pas un shooteur fiable). Enfin, Parker est beaucoup plus altruiste, fais les passes quand le jeu le demande et donc participe au développement du collectif, là où Randle ne voit que rarement les joueurs ouverts et cherche presque systématiquement à marquer lorsqu'il a la balle dans les mains, même si la situation ne s'y prête pas. Je pense qu'avec le temps, Randle progressera dans ce domaine mais Parker fait déjà ce qu'il faut de ce côté. Le fait qu'il le fasse pratiquement naturellement témoigne aussi d'un plus grand QI basket.

      Tout ça permet de comprendre à quel point Parker peut apporter à son équipe en attaque et à quel point cet apport est supérieur à celui de Randle. En défense, Randle est supérieur à Parker (Randle est un solide défenseur, sans plus) mais l'écart qui lui est favorable de ce côté du terrain n'est pas supérieur à l'écart en sa défaveur en attaque.

      Ainsi et à mes yeux, l'impact global de Parker (attaque – défense) reste supérieur à celui de Randle (attaque + défense). Cela dit, il s'agit d'un jugement donc de quelque chose de forcément subjectif. On peut peut-être faire le parallèle avec d'actuels joueurs NBA où Carmelo Anthony est considéré comme un meilleur joueur qu'Al Horford. Mais je pourrais comprendre que des gens préfèrent avoir Horford qu'Anthony dans leur roster.

      1. J'aime beaucoup la parallèle entre Parker et Anthony, je trouve que les 2 joueurs se ressemblent beaucoup : ultra-complet offensivement, hybride entre le poste 3 et le poste 4 ce qui pose problème en défense pour les deux (et une tendance à prendre du poids durant l'intersaison hahaha (; )
        Wiggins a été, à tord je trouve, beaucoup comparé à James mais comme vous, je le vois plus comme un T-mac ou Paul George actuellement et est plutôt le contraire de Parker, il sera au pire un excellent defenseur extérieur s'il n'arrive pas à développer son jeu offensif tandis que s'il y parvient, il est très difficile d'imaginer sa limite !
        Randle sera, d'après moi, au pire un Zach Randolph en plus athlétique et au mieux …. je ne sais pas, tout dépendra de comment il développe son jeu.

        1. La différence pour moi entre Melo et Jabari, c'est que Melo a juste un footwork exceptionnel, un des tous meilleurs de NBA, ce qui le rend meilleur en pénétration et juste superbe pour créer de l'espace sur ISO. Parker est plus "slow footed", moins vif, et ça fait une grosse différence quand même.

          La comparaison avec Paul George est pas forcément fausse, mais pas toujours juste, en ce sens que depuis sa saison freshman en NCAA, George c'est un mort de faim/croqueur au scoring qui meme quand il n'en avait pas les qualité voulait scorer et hésitais pas à arroser. Wiggins n'a pas non plus une magnifique lucidité quant à ses qualité, mais le niveau d'agressivité est bien plus bas de ce qu'on a vu à Kansas. Et pas juste au fil des match, mais en terme d'évolution future ça joue aussi m'est avis. Mais si Wiggins le fait bien cet ajustement mental, ça peut en effet faire un profil type Paul George, voir plus.

      2. Merci pour la réponse détaillée. Ca confirme ce que je pensais : Parker a un profil de star d'équipe qui ne peuvent pas gagner un titre, Randle davantage de titulaire d'une type costaud… Parker est le client idéal pour Philadelphie, comme Wiggins d'ailleurs.

  2. Toujours superbe et en plus vous prenez le temps de répondre aux questions,merci :)

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