Road to the Draft : Dennis Smith Jr, futur top 2 (vs Creighton & St John’s)

Road to the Draft : Dennis Smith Jr, futur top 2 (vs Creighton & St John’s)

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Cette cuvée sera une cuvée de meneurs, tout comme celle de 2009. Très riche en quantité, elle l’est en plus en qualité, en ce sens que les meilleurs prospects de cette draft 2017 sont des meneurs, et que ceux-ci possèdent un véritable potentiel de star. Alors que le premier choix annoncé, Markelle Fultz, s’amuse à Washington, son dauphin (pour le moment) Dennis Smith Jr n’est pas en reste. Aux commandes d’une équipe de NC State plein de talent, le freshman (19 ans) confirme au fil des matchs les attentes jamais bien certaines que l’on plaçait en lui dans ses années lycée.

Petit pour le poste (seulement 6’2/1m88) avec de petits bras (6’3/1m90), Smith compense ses manques de mensuration physique avec des qualités ahtlétiques hors normes. Explosif, c’est d’ailleurs le premier mot qui vient à l’esprit lorsqu’on pense à lui. Il possède une excellente détente, mais surtout des appuis extrêmement explosifs. Plus encore, il est physiquement mature. Ses épaules sont très larges, et supportent déjà une charpente très solide et déjà développée. Ce sont d’ailleurs toutes ces qualités athlétiques qui rassurent quant à son futur, et le placent si haut dans les mock drafts malgré sa petite taille. Chris Paul (plus petit que Smith) survit dans le rude monde de la NBA grâce à sa dureté, sa puissance physique, ses cuisses larges et son coffre très épais (même Ty Lawson, aussi petit que Paul, a réussi à s’imposer parce qu’il est une véritable boule de muscle). Dennis Smith est de ce calibre.

L’équipe de NC State est assez fournie en talent cette année, bien que les principaux soient un peu tous du même profil (des extérieurs qui aiment bien avoir la gonfle) et malheureusement l’équipe ne développe pas un jeu très propre et organisé pour équilibrer tout cela. De ce fait, Smith a évolué de manière conséquente sans le ballon sur ces deux matchs, laissant la gonfle à d’autres arrières qui, sans être manchots, ne devraient jamais entendre leur nom prononcé un soir de draft. Quelque chose d’assez peu habituel donc, par rapport au talent de Smith et son statut de probable top 2 à la draft. Malgré tout cela, Smith a impressionné dans sa façon d’imposer sa patte sur l’équipe, ce qui est d’autant plus impressionnant du fait qu’il a joué pas mal de possessions sans la balle.

Smith possède une vraie belle gestion du jeu, et ça crève l’écran qu’il est un véritable meneur de jeu de formation. Toujours sous contrôle, même dans les situations les plus périlleuses (à la Kyrie Irving), il s’infiltrait à volonté dans la défense de St John’s ou Creighton, sans tuer son dribble et en gardant le contrôle du ballon, se montrant extrêmement patient pour attendre l’ouverture. Dans ses choix de passe, il fit véritablement un sans-faute sur ces deux rencontres, ne tentant pas l’impossible, réalisant ses passes avec précision et refusant certaines passes si le danger était trop grand.

Techniquement parlant, il est maître des petits espaces et arrive à glisser de bons ballons entre les intervalles. Sa percussion en pénétration a souvent entraîné que la défense se resserre autour de lui et il a aisément pu ressortir la balle vers ses coéquipiers ouverts (qui n’ont malheureusement pas converti beaucoup de ses offrandes). Sur Pick & Roll, Smith s’est également montré très patient, attendant le bon moment pour que l’intérieur soit assez lancé vers le cercle et ne précipitant pas les choses. De manière générale, sa patience lui a valu son petit lot de bonnes actions, et rien que contre Creighton, le fait de prolonger certaines possessions sans forcer les choses aboutissait irrémédiablement vers un défenseur un peu trop indiscipliné qui donnait un ou deux mètres de trop à son vis-à-vis, ce que Smith s’empressait de lui faire payer.

L’interrogation qui est ressortie de ces matchs-là furent autour de sa taille, et sa capacité à passer par-dessus les défenseurs. Sur quelques Pick & Roll en particulier, les deux défenseurs l’ont bien suivi (craignant son explosivité), laissant le coéquipier de Smith totalement ouvert, mais il fut incapable de lui transmettre, ou voyait sa passe déviée par les bras du défenseur. Sur pénétration, lorsqu’il est lancé, sa détente lui permet dans son mouvement d’élan de s’élever au-dessus de tout le monde avant de passer, mais sur un exercice moins dynamique comme le P&R, il ne peut pas s’appuyer sur son élan et sa détente. Ça reste un détail, observé sur moins de 5 actions en deux matchs, mais un détail qui pourrait ne pas être si infime que cela, les défenseurs NBA étant eux-mêmes plus grands, longs et bouchent donc encore plus les angles de passe.

En second lieu, Smith a montré de très belles promesses en pénétration. De toute évidence, son explosivité d’élite est à la base de cela, mais pas que. Il possède déjà une belle technique pour utiliser au mieux cette explosivité. Son jeu de jambes et son footwork sont très bons, il sait bien planter les bons appuis au bon endroit pour l’aider à se propulser dans un sens ou dans l’autre, et son premier pas s’avère fantastique du fait d’un petit saut d’appui qu’il réalise juste avant, histoire de surprendre le défenseur qui ne sait pas s’il va exploser d’un côté ou de l’autre.

Smith a par ailleurs démontré de superbes changements de direction, rendu possibles pas ses appuis explosifs, mais aussi par son dribble et son contrôle du ballon, réellement remarquables. Il possède par ailleurs un centre de gravité très bas et, avec tout cela, arrive à se faufiler dans tous les espaces sans qu’on puisse l’attraper. Très puissant, il n’a pas reculé devant le contact, étant même très enclin à le créer pour obtenir des lancers francs. Le fait qu’il tente 7.2 lancers francs par match, un magnifique total pour la NCAA, est d’ailleurs un signe fort de son agressivité et de sa dureté dans le jeu. Son contrôle du corps est par ailleurs superbe, comme sa capacité à rester dans les airs. Sur quelques finitions au cercle, il est parvenu à absorber magnifiquement le contact dans les airs, puis à s’ajuster pour conclure.





En revanche, Smith ne fut pas le meilleur finisseur au cercle sur ces deux matchs. Très clairement un constat s’impose (sur ces deux rencontres, en tout cas), Smith a beaucoup de mal à finir dans le trafic. Il reste petit, et na pas une détente suffisamment extraordinaire pour compenser le fait qu’il termine ses actions sous le panier (c’est un meneur, plus petit poste, et même pour cette position il est en dessous des standards). Sa volonté de créer le contact pour obtenir des lancers l’a un peu sauvé, mais on l’a vu un bon nombre de fois rater sa finition au milieu des grands défenseurs, ou se faire contrer. Quand on sait que les défenseurs NBA sont plus imposants, et donc que la tâche sera plus dure, il y a peut-être un motif d’inquiétude là-dessus, d’autant que son toucher de balle n’est pas apparu si bon que cela.

En qualité de shooteur, Smith possède un bon potentiel, mais ne peut pas être considéré à l’heure actuelle comme un très bon shooteur. Sa mécanique est toutefois très bonne. Il pose de bons appuis, de manière régulière d’un tir à l’autre, il s’élève très bien et très haut du fait de ses mollets faits de dynamite, et même sa mécanique des bras est très bonne puisqu’il positionne parfaitement son coude en angle droit comme il est recommandé académiquement parlant. Même en termes de création d’espace sur isolation, Smith s’est montré excellent, enchaînant les dribbles et les appuis rapides pour créer une belle et franche séparation avec le défenseur. Le seul problème, c’est qu’il ne met pas encore très régulièrement ces tirs, bien que ceux-ci soient de bons tirs. Question de régularité et d’entraînement, Smith a d’abord brillé dans ses jeunes années sur son drive avant d’apprendre à shooter.

Seul petit problème, sa sélection de tir. La saison NCAA est longue, et deux petits matchs représentent un échantillon pertinent mais négligeable sur l’ensemble de sa campagne universitaire, mais sur ce tournoi il prit de mauvais tirs. Ce qui est étonnant par rapport à la lucidité, la patience et le sens du jeu qu’il a montrés en tant que meneur de jeu. Sa prise de décision de manière générale est excellente…sauf sur son jump-shot. Smith est un « jeune » jump-shooteur encore une fois (pas réputé pour ça à la base) et les progrès qu’il a faits récemment, ainsi que son statut de futur top 2 (voire 1st pick) de la draft le poussent sans doute à aller au-delà de ses capacités comme pour prouver sa valeur. Comme le faisait Marcus Smart dans sa deuxième année de fac, tenter de montrer à tout le monde qu’il savait désormais shooter (en vain). La différence étant que là où Smart possédait d’horribles fondations techniques (prise d’appuis et équilibre très mauvais et irréguliers), Smith est au contraire très propre techniquement. Il faut s’attendre sans doute à le voir essayer ce jump-shoot cette année un peu plus qu’il le devrait. Et, d’une certaine manière (pas forcément la bonne) on le comprend. Un Dennis Smith qui enchaîne les pull-up jumpers et tourne à 40% à trois-points n’est pas loin d’être meilleur que Markelle Fultz.

Pourtant, ce n’est pas le cas. Il tourne à un pénible 29% de réussite à longue distance, et un moyen 42% de réussite générale. D’assez mauvais chiffres, expliqués par sa déficience à la finition au cercle, et surtout par les longs tirs précipités qu’il prend dans le périmètre.

Défensivement, il y a eu du bon et du moins bon dans ces deux matchs, clairement. Sur une action, il est en mauvaise posture défensive, sur la suivante, il en aborde une excellente, adopte une aptitude de mort de faim et fait étalage d’une superbe vitesse latérale. Sur une action, il se laisse prendre sur Pick & Roll, sur la suivante, il négocie très bien l’écran, colle au porteur de balle et conteste bien le tir en fin de pénétration. Sur plusieurs actions, il fit preuve d’indiscipline en autorisant un tir ouvert. Sur d’autres, il réalise de fantastiques rotations pour un meneur de jeu, n’hésitant pas à aller batailler avec le pivot sous le panier, plaçant son corps en opposition et récupérant le rebond sur sa tête. Sur certaines actions, il se fait siffler des fautes stupide et évitables, tentant beaucoup trop l’interception, parfois dans des angles absurdes, plutôt que de réaliser la bonne action défensive. Sur d’autres, il utilise ses mains très vives pour dévier des ballons avec une rapidité et une dextérité impressionnantes.

Rien d’anormal pour un aussi jeune joueur donc, d’être irrégulier et indiscipliné. L’important est de remarquer qu’il possède un très bon potentiel de ce côté-là du terrain, compensant sa taille et ses bras moyens par une agressivité, une capacité à bouffer les petits espaces et une aptitude à créer des turnovers adverses très impressionnants. A l’image d’un Chris Paul, là encore (toute proportions gardées, mais le meneur des Clippers performe en défense avec des atouts similaires).

L’un dans l’autre, Smith est loin d’avoir rendu des copies parfaites contre St John’s et Creighton lors de ce tournoi du « Paradise Jam », mais a montré suffisamment de choses pour renforcer son statut de futur très haut choix de draft. Sur la suite de la saison il sera intéressant de noter l’évolution de son jump-shot et de ses pourcentages, mais clairement, Smith s’établit sur ce début de saison comme un excellent prospect NBA, capable pourquoi pas d’être un très bon titulaire NBA.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

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1 Comment

  1. A quand le portrait de Markelle Fultz? C'est lui le n°1 si j'ai bien compris…

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